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Tome I.
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568 GENÈVE . - SES SOIRÉES

servante , la lanterne et la capote se soientfait annoncer. Pendant ce temps-là les hommesen groupes dans le milieu de l’appartement dé-bitent les nouvelles du jour sur la politiqueétrangère, plus souvent celle de Genève , tour-nant en ridicule les derniers débats dans leconseil, s’épanouissant le cœur sur tel ou telmembre (du parti opposé, bien entendu) quis’est appesanti pendant deux heures sur deschoses sans conséquence, pour leur faire voircomme il est homme d’état! Quelquefois la con-versation prenant un ton plus sérieux, desmembres du conseil exécutif ( qui a l’initia-tive) se plaignent aux membres du conseil re-présentatif de ce qu’ils changent à plaisir leslois qui leur sont proposées sans rien finir; surquoi ceux-ci répondent que ces lois sont aussitellement mal rédigées qu’on n’y comprendrien ! Tous condamnent la longueur des discus-sions qui font durer les séances depuis quatreheures jusqu’à huit ou neuf heures du soir,tous les jours à peu près de toute l’année, jus-tement pour faire ce que monsieur le préfet,sous le régime français , faisait tout seul sans segêner, ayant encore du temps de reste: réflexionsi peu patriotique et si légère qu’onne lui donnepas de suite, quelqu’un se contentant d’obser-ver que le collège n’est pas institué pour fairedes thèmes, mais pour former des entendemens