RÉPUTATION DE GENÈVE. -SA SAUVEGARDE. 5g3
ment leur bien-être, mais encore leur existence;car c’est la réputation morale de Genève qui,dans l’absence de toute autre porte-respect, amaintenu cette petite république pendant troissiècles ; c’est à titre de pièce curieuse que l’Eu-rope s’est souvenue d’elle au congrès de Vienne,où les souverains l’ont ramassée comme unevieille médaille. Si Genève n’eût été qu’uneville ordinaire, la justice toute seule ne lui au-rait pas fait rendre son indépendance plus qu’àVenise ou à Gênes , où le souffle de vie étaitéteint depuis trop long-temps. L’identité natio-nale n'est pas dans le sol ou dans les édifices,mais dans les institutions et dans les mœurs.
3 février. — Le conseil de la république s’oc-cupe dans ce moment du problème de la divi-sibilité de la matière. On demande de réduireà sou moindre numérateur une fraction de gar-nison qui a été successivement de quinze centshommes, de douze cents, de huit cents, dequatre cent soixante. Il est question mainte-nant de la réduire à trois cent quatre-vingtshommes : on s’imaginerait voir les cinq capu-chons du tailleur de l’üe Barataria placés sur lebout de ses cinq doigts.
L’opposition dit que les fortifications ne fu-rent construites que pour servir de prétexte àl’entretien d’une force armée contre l’ennemi
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