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VILLE DE PARIS.
capitale de l’industrie, tandis que Paris est le foyer des lumières, lecœur de l’Europe, en un mot, la capitale de la civilisation. On n’y vientsouvent qu’attiré par les appas des fêtes et des plaisirs ; il est rare qu’onn’en sorte pas plus éclairé ; et on ne quitte jamais ses habitants sansregrets.
Paris a à peu près la forme d’un ovale dont le grand axe va de l’O.-N.-E. à l’E.-S.-E. Sa plus grande longueur est de 8,400 m., de Tare detriomphe de la barrière de Neuilly, à i’O.-N.-O., à la barrière de Pic-pus, à l’E.-S.-E. ; sa plus grande largeur est de 6,000 m. de la bar-rière de la Villette, au N.-N.-E., à celle d’Enfer, au S.-S.-O. La méri-dienne tirée par l’Observatoire donne 5,505 m. de longueur d’un pointde la clôture méridionale à un point de la clôture septentrionale ; laperpendiculaire à cette méridienne a, de la barrière de Fontarabieà l’E.à celle de Passy à l’O., une étendue de7,809 m. Le circuit marqué parun mur élevé en 1787, dans le but d’éviter la fraude des douanes, estd’un peu plus de 24,000 m. ; la superficie est de 3,439 liect. 68 ares ,ou 34,396,800 m. carrés : de cette superficie environ 800 hect. appar-tiennent aux rues, quais, places, boulevards, rivières, marchés, aveaues,et 700 hect. aux terres consacrées aux labours, à la vigne, au jardinage,aux pépiuières et aux jardins d’agrément. Sa superficie renfermée parl’enceinte continue baslionnée est de 267,558,000 ni. carrés.
La partie de la vallée de la Seine où se trouve cette capitale est cir-conscrite par des collines plus ou moins élevées , et constituant deuxchaînes. Celle qui est au nord du fleuve présente une forme demi-circu-laire, et commence à l’est avec la colline de Bercy près de la droite dela Seine, continue par les hauteurs de Charonne, de Ménilmontant, deBelle ville (dont la partie la plus occidentale se nomme butte Chaumont),de la 'Villette et de Montmartre ; s’abaisse de là jusqu’au plateau deMonceau, puis se relève jusqu’à la colline de Cbaillot, située près dufleuve ; les buttes de Montmartre, de Ménilmontant et de Chaumont, par-ties les plus élevées de cette rangée, ont de 80 à 90 m. au-dessus dufond de la vallée. La chaîne du sud est moins haute que l’autre : en par-tant de la rive gauche de la Seine au sud-est, le sol s’exhausse jusqu’àla barrière d’Italie, près de laquelle sont le plateau d’Ivry et la buttedes Cailles ; un peu plus loin il est profondément sillonné par la petiterivière de Bièvre, qui afflue à la Seine, dans le sud-est de Paris ; le ter-rain. s’élève ensuite sensiblement, et forme la montagne Ste-Geneviève,qui est couverte de maisons : cette hauteur se joint vers le S.-S.-O. auplateau de Mont-Souris, à l’ouest duquel le sol s’abaisse doucementjusqu’au Petit-Montrouge, pour s’exhausser ensuite près des barrièresdu Mont-Parnasse et du Maine; de là, il éprouve une déclivité peusensible jusqu’à Vaugirard, où il s’unit à la vaste plaine de Grenelle,qui sépare cette ville de la Seine. Au delà et à 4 et 8 k. de cettechaîne, il en est une autre plus élevée qui se compose principalementdes hauteurs de Villejuif, deRungis, de l’Hay, de Bagneux, deMeudon,de St-Cloud et du mont Valérien ou montagne du Calvaire, la plushaute des éminences qui environnent Paris. Quelques-unes de ces élé-vations permettent d’embrasser d’un coup d’œil le magnifique ensemblede la capitale : c’est principalement delà butte Montmartre, de celles deChaumont et de Ménilmontant que le tableau de cette immense cité sedéploie facilement devant l’observateur. Le terrain que couvre la villea été longtemps plus inégal qu’aujourd’hui, à cause des amas d’immon-dices et de gravois formés sur différents points, sous les noms de buttes,voiries, monceaux et mottes, et qui la plupart offrent l’image de petitesmontagnes : dans la partie septentrionale on signalait le monceau St-Gervais, la butte de Bonne-Nouvelle ou de Villeneuve de Gravois , labutte St-Roch, etc. ; on les a successivement aplanis. Une vaste super-ficie de la ville, vers le sud, repose sur le vide d’immenses carrières, dontune grande partie, nommée catacombes, renferme des ossuaires composésdes ossements de plusieurs cimetières.
La Seine divise Paris en deux parties : l’une, septentrionale, la plusconsidérable, et l’autre, méridionale; elle entre dans la ville par l’E.-S.-E., décrit dans son sein une légère courbe, dont la convexité est tour-née au nord, et en sort à l’ouest, après avoir parcouru depuis la barrièrede la Rapce jusqu’à celle de Passy , une longueur de 8,000 m. ; elleforme dans' cet espace deux îles : la première, depuis que l’île Louviers,qui servait de chantier de bois à brûler a été réunie au quai , est l’île
! St-Louis, formée de la réunion de deux petites îles, celle dë Notre-Da-; me, à l’ouest, et celle aux Vaches, à l’est ; et l’ile du Palais ou de la Cité,i la plus grande des deux.
! Avant 1789, Paris était divisé en cité, ville et université, et sub-! divisé en 20 quartiers :
1. Quartier de la Cité.
ii.
—■ de la Grève.
2. — St-Jacques de la Bou-
12.
— St-Paul.
cherie.
13.
— Ste -Avoie ou de la Ver-
3. —,Ste-Opportune.
rerie.
4. — du Louvre.
14.
— du Temple ou du Marais.
5. — clu Palais-Royal.
15.
— St-Antoine.
6. — Montmartre.
16.
— de la place Maubert.
7. — St-Eustaehe.
17.
— St-Benoît.
8. — des Halles.
18.
— St-André.
9. — St-Denis.
19.
— du Luxembourg.
10. — St-Martin.
20.
— St-Germain des Prés.
Lors de la convocation des états généraux en 1789, une ordonnancede Necker divisa Paris en 60 districts pour l’élection des députés dutiers état ou des communes. L’ancienne administration municipale, s’é-tant trouvée impuissante pour réprimer les troubles occasionnés par lespremiers événements de la révolution, abdiqua le 12 juillet 1789 l’au-torité qu’elle ne pouvait plus exercer, et laissa agir le peuple. Le mêmejour, les électeurs se réunirent spontanément à l’hôtel de ville, se saisi-rent de l’autorité, et nommèrent, pour remplacer provisoirement l’an-I cienne municipalité, un comité permanent composé en grande partie dei députés choisis parmi eux.
A cette époque, la garde nationale fut composée de soixante batail-lons , qui portaient le nom de chacun des soixante districts, dont voiciles noms :
1. St-Jacques du Haut-Pas.
32.
Bonne-Nouvelle.
2. St-Victor.
33.
St-Leu.
3. St-André des Arts.
34.
St-Lazare.
4. St-Marcel.
35.
Ste-Opportune.
5. St-Louis en l’île.
36.
St-Jacques la Boucherie.
6. Val-de-Grâce.
37.
Les Petits-Pères.
7. St-Etienne du Mont.
38.
St-Eustaclie.
8. La Sorbonne.
39.
St-Magloire.
9. St-Nicolas du Chardonnet.
40.
St-Joseph.
10. Les Mathurins.
41.
Ste-Marguerite.
11. Les Prémontrés.
42.
Les Minimes.
12. Les Barnabites.
43.
Le Petit-St-Antoine.
13. Les Cordeliers.
44.
St-Gervais.
14. Notre-Dame.
45.
St-Jean en Grève.
15. St-Séverin.
46.
St-Louis la Culture.
16. Les Petits-Augustins.
47.
Les Blancs-Manteaux.
17. L’Abbaye St-Germain.
48.
Trainel.
18. Les Jacobins St-Dominique.
49.
Les Capucins du Marais.
19. Les Tliéatins.
50.
Les Enfants-Trouvés.
20. Les Carmes déchaussés.
51.
L’Oratoire.
21. Les Récollets.
52.
Les Feuillants.
22. St-Nicolas des Champs.
53.
Les Filles-St-Thomas.
23. Ste-Elisabetli.
54. St-Philippe du Roule.
24. St-Méry.
55.
St-Germain l’Auxerrois.
25. Les Carmélites.
56.
Les Jacobins St-Honoré.
26. Les Filles-Dieu.
57.
St-Honoré.
27. St-Martin des Champs.
58.
Les Capucins de la Chaussée-
28. Les Enfants rouges.
d’Antin.
29. St-Laurent.
59.
Les Capucins de la rue St-
30. Les Pères de Nazareth.
Honoré.
31. St-Jacques l’Hôpital.
60.
St-Roch.
Cette organisation subsista jusqu’au 21 mai 1790, époque où un décretde l’assemblée constituante substitua aux soixante districts quarante-huit sections, qui reçurent chacune un nom de localité, dont quelques-uns furent changés pendant la république en des noms analogues aux cir-! constances, que nous reproduirons en décrivant chaque quartier.- En