VILLE DE PARIS. — SEPTIÈME ARRONDISSEMENT. — N° 26. QUARTIER DU MONT-DE-PIETE.
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qu’on demandât à chaque membre épuré ce qu'il avait fait pour êtrependu en cas de contre-révolution.
Rue St-Martin , n° 96 , était l’église St- Julien des Ménétriers ,fondée en 1330 par deux ménétriers qui firent bâtir en ce lieu un petithôpital en faveur des pauvres passants ; ils étaient représentés sur leportail jouant du violon. La confrérie des ménétriers s’unit à eux, et lesaida à fonder cet hôpital et une chapelle contiguë, sous l’invocation deSt-Julien. En 1649, la chapelle St-Julien des Ménétriers fut affectéeaux prêtres de la Doctrine chrétienne ; mais les maîtres à danser et lesjoueurs d’instruments avaient conservé le droit de s’assurer si cette cha-pelle était entretenue convenablement. La chapelle St-Julien a été dé-molie au commencement de la révolution et convertie en maison parti-culière. — Les jongleurs ou joueurs d’instruments demeuraient dans larue des Ménétriers, où on allait louer ceux qu’on voulait employer dansles noces et les fêtes.
Rue Ste-Avoye, n v 47, était un couvent d’ursulines, sous le nomde Ste-Avoye, fondé en 1622, et supprimé en 1790.
Rue Chapon, n° 7, et rue Saint-Avoye, n os 17 à 25, était lecouvent des dames carmélites, supprimé en 1790, et transformé en sallede danse sous le directoire. Ce couvent fui fondé en 1617, par Cathe-rine de Gonzague et de Clèves, veuve de Henri d’Orléans, duc de Lon-gueville, qui y établit une communauté de religieuses de l’ordre deNotre-Dame du Mont-Carmel, dans un local peu spacieux, que ces reli-gieuses abandonnèrent en 1619, pour aller occuper dans la même rueun hôtel qui appartenait à l’évêque et au chapitre de Châlons. Dans lasuite cette communauté augmenta considérablement les dépendances deleur maison, qui occupait tout l’espace compris entre les rues Chapon etMontmorency. L’église avait son entrée par la rue Transnonain; lemaître-autel était décoré d’une Nativité, par Simon Vouet, et le chœur,de dix-neuf tableaux représentant la vie de Jésus-Christ, par Verdieret Chéron. La duchesse de Longueville avait été inhumée dans cetteéglise.
Rue du Renard-St-Merrî était le théâtre de la Concorde. C’étaiten 1792 un théâtre de société que l’on érigea en spectacle payant, où lepublic -s’obstina à ne pas mettre le pied. La salle était petite et assezjolie ; mais la rue est si étroite qu’il était difficile aux voitures d’y en-trer, ce qui ne laissait pas d’avoir son désagrément, surtout lorsqu’ilpleuvait à verse.
Rue du Cloître-St-Merri est I’hoshce St-Merri, fondé parM. Viennet, en 1783, pour les malades delà paroisse.
Rue Bar-du-Bec , l’évêque de la Baeue , qui fut plus tard cardinal,manqua d’être assassiné en 1465 ; il fut blessé d’un coup d’épée qui luifendit l’épaule et lui coupa un doigt.
Rue N eu ve-St-Merri , et au coin de la rue Ste-Avoye, demeuraitRaoul de Presles , l’un des plus savants hommes du xiv c siècle.
Rue Geoffroy-Langevin demeurait et est mort, en 1746, le célèbrepeintre de portraits Largillière.
K° 26. QUARTIER DU MONT-DE-PIÉTÉ.
Ci-devant section du Marais, puis section de VHomme armè> et ensuite sectiondes Enfants-Rouges .
Les limites de ce quartier sont : la rue de la Corderie n os impairs, larue de Bretagne n ÜS impairs, la rue Vieille-du-Temple n ÜS impairs, larue Ste-Croix de la Bretonnerie n os pairs, la rue Ste-Avoye n os pairs, larue du Temple n°* pairs jusqu’à la rue de la Corderie. — Superficie250,000 m. carrés, équivalant à 0,008 de la superficie totale de Paris.
Les principaux édifices et établissements de ce quartier sont :
L’église St-François d’Assise, située rue du Perche , n° 15. Ellea été bâtie en 1623 , sur l’emplacement d’un jeu de paume, pour descapucins. L’intérieur, d’une simplicité digne de l’ordre séraphique, a été jorné dans ces derniers temps de tableaux, de statues, de candélabres et I
de dorures. On remarque vers le chœur une belle statue de saint Fran-çois d’Assise à genoux , en marbre d’Egypte, qui fait pendant à uneautre statue également à genoux.
L’église Notre-Dame des Blancs-Manteaux, située rue desBlancs - Manteaux, entre les n° 8 14 et 16. Cette église, construite en1687, est dépourvue de portail. L’intérieur, d’ordonnance corinthienne,est trop long pour la largeur : les bas côtés sont fort étroits.
Le mont-de-piété, situé rue des Blancs-Manteaux, n° 18, et rue deParadis au Marais, vaste édifice construit en 1786.
L’hôtel des Archives du Royaume, situé rue du Chaume n° 12.Cet hôtel doit ses premières constructions à Olivier de Clisson, conné-table de France. C’était auparavant une vaste maison nommée le grandchantier du Temple, dont les Parisiens firent présent à ce seigneur ; cettemaison a donné le nom à la rue. Charles VI y fit assembler les princi-paux bourgeois de Paris en 1392, et leur fit publiquement remise dela peine qu’ils avaient encourue pour avoir pris part à une émeute po-pulaire. Cet hôtel reçut à cette occasion le nom d’hôtel des Grâces.L’hôtel de Clisson appartenait, au commencement xv e siècle, au comtedePenthièvre; il passa ensuite à Babou delaBourdaisière, qui, par contratdu 14 juin 1553, le vendit seize mille livres à Anne d’Est, femme de Fran-çois de Lorraine, duc de Guise. Celui-ci le donna au cardinal de Lorraine,son frère, qui en fit don, à charge de substitution, à Henri de Lorraine,prince de Joinville, son neveu. Il a porté le nom de Guise jusqu’en1697, époque où François de Rohan, prince de Soubise , qui l’achetades héritiers de la duchesse de Guise, le fit reconstruire presque en en-tier, tel que nous le voyonsà présent. On commença à y travailler en 1706,sous la conduite de l’architecte Lemaire. On ferma la principale porte,qui était dans la rue du Chaume, pour l’ouvrir dans la rue de Paradis.Elle est décorée de deux groupes de colonnes corinthiennes , avec leurscouronnements en ressaut, sur lesquels on a posé une statue d’Herculeet une de Pallas, sculptées par Coustou le jeune et par Bourdis. La courde cet hôtel est une des plus vastes de Paris. Un entablement de colonnesrègne au pourtour et forme un corridor à la faveur duquel on peut allerà couvert. Deux ordres de huit colonnes superposées l’une à l’autredécorent le vestibule : des figures décorent le fronton. Dans le tympanétaient les armes de Soubise, sculptées par le Lorrain. — Il s’est tenupendant douze ans dans cet hôtel un concert connu sous le nom de con-cert des amateurs , qui fut supprimé en 1780 ; c’était le plus brillantspectacle harmonique de l’Europe , après le concert spirituel des Tuile-ries.
Au fond de la cour est l’ancien palais, occupé maintenant par les ar-chives domaniales, les archives judiciaires, le trésor des chartes et le dé-pôt topographique du royaume ; dépôt précieux où sont ensevelies denombreuses vérités historiques, les secrets de la monarchie, beaucoup deleçons et d’exemples.
Sous le consulat, l’intérieur de ce vaste édifice fut restauré et distri-bué par l’architecte Cclérier pour y recevoir le dépôt des archives de laFrance. Devenu empereur, Napoléon y fit transporter les archives deRome, de Venise, de Milan, des Pays-Bas, et autres Etats qu’il avaitsoumis à la domination française. Depuis quelques années l’hôtel desArchives a été augmenté de nouvelles constructions.
Quoique cet établissement important soit toujours extérieurementfermé, cependant on peut le voir tous les jours ouvrables, de neuf heuresdu matin à trois heures ; mais on ne peut lire aucun manuscrit sans lapermission du ministre de l’intérieur.
Les Archives du royaume doivent leur origine à la révolution. Anté-rieurement à 1789, cette vaste collection de titres et de documents ori-ginaux était disséminée dans un grand nombre d’établissements religieuxet dans plusieurs édifices de la capitale, tels que le Louvre, les Petits-Pères , le palais de justice, l’hôtel de ville, etc., etc. Les Archives pos-sèdent une bibliothèque , qui, quoique peu considérable , n’en est pasmoins d’une grande ressource pour les employés. Les livres qu’on y aréunis ont tous trait à l’histoire nationale, et forment un total detreize à quatorze mille volumes.
I L’imprimerie Royale, située rue Vieille-du-Temple, n u 89. Cet