VILLE DE PARIS. — HUITIÈME ARRONDISSEMENT. — N° 31. QUARTIER DU FAUBOURG ST-ANTOINE.
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La rue des Troîs-Pavillons portait autrefois le nom de Diane dePoitiers. Après la mort de Henri II, Diane de Poitiers ayant été exilée àAnet, son nom fut effacé de cette rue à laquelle on donna celui des Trois-Pavillons, qu’elle dut à une maison située à l’angle de cette rue et decelle des Francs-Bourgeois, et qui se laisait remarquer par trois pa-ri lions.
Impasse de la Poissonnerie On voit une jolie fontaine, qui secompose d’une façade dont le milieu, en avant-corps, est orné de pilastrespar devant, en retour, supportant un fronton triangulaire, derrière lequels’élève une petite coupole qui se termine par un bout de pyramide. Lemur qui sert de fond à cet avant-corps ne dépasse point la hauteur dufronton, et chaque côté est percé d’une porte. Des dauphins, des ro-saces et des congélations décorent les différentes parties de cette joliefontaine.
K° 30. QUARTIER POPINCOURT.
Ci-devant section Popincourt.
Les limites de ce quartier sont : le mur d’enceinte de la barrière deMenilmontant à la barrière de Fontarabie, la rue Charogne n os impairs,la rue Louis-Philippe et la rue d’Aval n ns impairs, le boulevard Beau-marchais et le boulevard des Fiiles-du-Calvaire n oS impairs, la rue deMenilmontant jusqu’à la barrière de ce nom. — Superficie 1,890,000 m.carrés, équivalant à 0,057 de la superficie totale de Paris.
On remarque dans ce quartier : .
L’église St-Ambroise, située rue de Popincourt, au coin de la rueSt-Amhroise. C’est un édifice assez vaste et solidement construit, dontle portail pyramidal produit un effet agréable. Elle servait autrefois dechapelle aux religieuses de l’Annonciade du St-Esprit, qui vinrent s’é-tablir rue de Popincourt en 1636, et dont le couvent fut bâti sur l’em-placement d’une maison de plaisance que possédait en ce lieu, vers 1403,Jean de Popincourt, premier président du parlement de Paris sousCharles VI. — Sous Charles IX, cette maison fut affectée à un temple decalvinistes que le connétable de Montmorency pilla et brûla le 31 dé-cembre 1561. Les annonciades furent sécularisées en 1782, et leur cou-vent converti en une grande caserne qu’occupaient les gardes françaisesau commencement de la révolution. La chapelle de ce couvent, venduecomme bien national en l’an n, a été rachetée en 1811 par la ville deParis, restaurée et considérablement agrandie en 1818.
La prison de la Roquette, située rue de la Roquette, n° 112.Cette prison a été construite pour remplacer la prison de Bicêtre, quin’est plus occupée que par des vieillards et des fous. Elle a été achevéeen 1836, et a coûté environ un million trois cent mille-francs. — Cetteprison a été bâtie avec un luxe de précautions qui n’a rien d’affecté etqui rendent les évasions, sinon impossibles par les moyens ordinaires,tout au moins extrêmement difficiles. Trois grilles de fer et quatre portesen chêne séparent la rue de la Roquette du grand préau de la prison.Ce préau est vaste; des bancs de pierre l’entourent de trois côtés; aumilieu, sur une légère éminence est une fontaine à réservoir, et, toutauprès un bel arbre en fer pour le réverbère. Des bâtiments à troisétages encadrent le préau au nord, à l’est et à l’ouest; au sud est lachapelle <j,e la prison. Le bâtiment du nord est occupé par l’adminis-tration ; ceux de l’est et de l’ouest par les ateliers et les cellules des dé-tenus. Au rez-de-chaussée du premier sont les tailleurs, les cordonnierset les chaussonniers ou natteurs ; au rez-de-chaussée du second sont lesébénistes, les semeleurs et les serruriers. Les cachots occupent le rez-de-chaussée, dans le quartier de l’infirmerie.
La prison des jeunes détenus, située rue de la Roquette, n° 111.Cette prison ressemble à un château fort, avec ses quatre tours aux an-gles et sa chapelle au milieu. Sa construction date de 1837 ; elle a coûtéplus de deux millions à la ville de Paris
VARIÉTÉS HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES.
Rue de Charonne, n° 95, était le couvent des religieuses de Notre-
Dame de Bon-Secours fondé en 1648 et supprimé en 1790. Avant larévolution, ce monastère était l’asile de quantité de jolies femmes sé-parées'de leurs maris, et le centre de la galanterie. Sous l’empire, lecélèbre manufacturier Richard Lenoir établit dans les bâtiments de cecouvent une immense filature de coton et des ateliers de tissage qui firentla prospérité du quartier St-Antoine jusqu’à l’époque de la rentrée desBourbons. La baisse subite qui eut lieu sur les cotons à cette époqueoccasionna à Richard Lenoir une perte de plusieurs millions.
Rue de Popincourt, il y avait, vers 1770, un théâtre particulierfréquenté par la meilleure compagnie de Paris, en femmes comme enhommes, et dont tous les sociétaires étaient des jeunes gens appartenantà la haute noblesse et très-riches. Cette réunion était une véritable as-semblée de famille. Les comtes de Sabran, de Gouffier, de Lo-mesnil, etc., etc., la jeune marquise de Folville et sa sœur, etc., etc., ydéveloppaient des talents qui, véritablement, auraient été applaudis auThéâtre-Français. C’est sur ce théâtre qu’Albony, qui devint ensuitecélèbre sous le nom de Dazincourt, débuta dans le Crispin des Foliesamoureuses, rôle dans lequel il mérita les applaudissements qui lui ontdepuis été prodigués avec justice.
Rue Charonne, à I’hôtel Mortagne, habitait le célèbre Vaucanson.Le roi, à qui il avait légué les pièces de mécaniques de son inventionqui composaient son cabinet, fit l’acquisition de l’hôtel de Mortagne, oùtous ces objets étaient rassemblés, pour en faire un conservatoire publicdes arts et métiers, dont l’hôtel Mortagne est aujourd’hui une dépen-dance.
Rue de la Roquette habitait Réaumur, dans un hôtel bâti sur lesdessins d’Ulin.
Rue des Amandiers-Popincourt, n° 12, habitait et est mortParmentier en 1813.
N° 51. QUARTIER DU FAUBOURG ST-ANTOINE.
Ci-devaut section de Montreuil.
Les limites de ce quartier sont : la rue d’Aval, et la rue Louis-Phi-lippe n os pairs, la rue de Charonne n°* pairs , le mur d’enceinte depuisla barrière de Fontarabie jusqu’à la barrière du Trône , la rue du Fau-bourg St-Autoine n° 5 impairs, la place de la Bastille n ÜS impairs, le bou-levard Beaumarchais n°* pairs jusqu’à la rue d’Aval. — Superficie1,040,000 m. carrés équivalant à 0j032 de la superficie totale de Paris.
On remarque dans ce quartier :
L’église Ste-Marguerite , située rue St-Beruard-St-Àutoiue, n®*28 et 30. C’était en 1625 est une petite chapelle, qui devint succursaleen 1634, et paroissiale en 1712. L’église se trouvant insuffisante parl’accroissement de la population du faubourg St-Àntoine, on construisiten 1765 une chapelle contiguë, élevée sur les dessins de Louis. Deuxarcades forment l’entrée, et présentent entre elles le portrait en mé-daillon du célèbre mécanicien Vaucanson, mort en 1782.
Le principal ornement de cette église est la belle Descente de croixsculptée, sur les dessins de Girardon, par le Lorrain et Nourisson, sesélèves. Ce morceau capital, placé derrière le maître-autel, était autrefoisdans l’église de St-Landry. Au pied de la croix, la sainte Vierge contem-ple , dans la douleur, le corps de Jésus descendu de cette croix. Deuxanges sont auprès de la tête du Christ ; deux autres, dans les airs, vien-nent considérer le Sauveur; un cinquième ange est au pied de la croix.
L’intérieur de l’église est décoré de peintures à fresque, exécutées parBrunetti ; elles représentent des ordonnances de colonnes , des bas-re-liefs et des inscriptions relatives au caractère sépulcral de cette chapelle.L’autel est en forme de tombeau antique ; derrière est un grand tableau,représentant le Purgatoire , peint par Briard : tout dans cette chapelleporte un caractère sombre et lugubre.
C’est dans la fosse commune du cimetière Ste-Marguerite, que fut en -terré le fils de Louis XVI, mort le 8 juin 1795, à l’âge de dix ans et deuxmois. Le roi Louis XVIII, son oncle, fit en vain rechercher en 1815 lesrestes de ce rejeton royal, à la mémoire duquel un monument expiatoire