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VILLE DE PARIS. — NEUVIEME ARRONDISSEMENT. — 3S" 35. QUARTIER DE LA CITÉ.
tint à Paris sa première séance, le 19 octobre 1789, à son retour deVersailles, et c’est là qu’elle décréta que les biens du clergé étaient pro-priétés nationales. Cette assemblée quitta ce local le 9 novembre pouraller occuper une salle construite au manège contigu à la terrasse desTuileries, qu’on avait disposé à cet effet. C’est dans cette meme salle ques’étaient assemblés les électeurs de Paris.
La place du Parvis-Notre-Dame était l’endroit où les con-damnés faisaient amende honorable, où ils étaient prêches et mi-tres. Sur cette place était l’échelle patibulaire de l’archevêque deParis. Ce fut près de cette échelle que l’on dressa l’échafaud où futlu le décret du pape Clément V qui condamnait à mort les templiers.Ce fut là qu’en 1344 fut hissé , chargé de chaînes , Henri Males-troit, diacre, frère de Geoffroy Malestroit, chevalier, décapité l’annéeprécédente. Henri Malestroit, étant à l’échelle, souffrit beaucoup demaux, on l’accabla d’injures, on lui jeta de la boue et autres immon-dices, et même des pierres qui le blessèrent jusqu’au sang ; à la troi-sième exposition le patient expira. — L’échelle et le pilori étaient jadisdes marques de haute justice; le pilori était plus que l’échelle; aucunseigneur ne pouvait avoir de pilori où le roi en avait un. L’échelle duParvis-Notre-Dame fut détruite au commencement du xvm c siècle ; ony substitua en 4767 un carcan fixé à un poteau, d’où partaient, commeaujourd’hui de la borne placée sur la place du Parvis, toutes les dis-tances itinéraires de la France. Ce carcan fut abattu en 1790.
Le parvis et le cloître Notre-Dame étaient autrefois un lieu privilégiéoù les ouvriers et artisans de Paris pouvaient travailler pour leur comptesans avoir été reçus maîtres dans les communautés des arts qu’ils exer-çaient.
L’Hôtel-Dieu, situé place du Parvis-Notre-Dame, u° 4. Son origineest fort ancienne, et paraît remonter au commencement du christia-nisme. Comme il n’existait point alors d’asile pour les pauvres ma-lades, les évêques étaient chargés de leur procurer les secours dont ilsavaient besoin, et entretenaient à cet effet une maison où les maladesrecevaient des secours, et où ils étaient soignés pour la plupart. C’est decette coutume, sans doute, qu’est née la tradition qui attribue à saintLandry l’établissement de l’Hôtel-Dieu de Paris.
Philippe Auguste est le premier roi connu qui ait fait quelques libé-ralités à cet hôpital. Mais saint Louis mérita plus que lui le titre debienfaiteur de cet établissement ; il le prit sous sa protection spéciale, etlui accorda, en 1248, sur jes denrées des marchés, un droit qu’y exer-çaient le roi, les princes, les officiers de la couronne et l’évêque deParis : ils prenaient les denrées qui leur plaisaient, et en fixaient eux-mêmes le prix. Il serait trop long de rapporter tous les bienfaits quecet hôpital reçut, à diverses époques, de la part des rois et surtout desparticuliers.
Les restes mortels du baron de Monthyon, dont la vie fut si pleine debienfaisance et d’amour de l’humanité, reposent à l’ilôtei-Dieu. Ilsavaient été déposés au cimetière de Mont-Parnasse ; mais des réparationsfaites à ce cimetière ayant nécessité le déplacement de la tombe de cethomme de bien, l’autorité a ordonné que ses restes mortels seraienttransférés à l’Hôtel-Dieu.
Plusieurs personnages dignes d’un meilleur sort ont fini leurs jours àl’Hôtel-Dieu. — Antoine Estienne, imprimeur, le dernier membre de lacélèbre dynastie des Estienne, devenu infirme, aveugle, fut réduit àsolliciter une place à l’Hôtel-Dieu, où il mourut sans postérité, en 1674,à l’âge de quatre-vingts ans. — Le 16 février 1 762 mourut en cet hôpitalJacques de St-Remy de Valois, descendant du roi Henri II et père deM." 1 * Lamotte, célèbre par l’affaire du collier. — Le célèbre peintreLantara, dont les soleils levants et couchants approchent de ceux deClaude Lorrain, y est mort le 22 décembre 1778. — Le poète Gilberty est mor.t, le 12 novembre 1780, à l’âge de 29 ans. — Il serait curieuxde demander aux registres de l’Hôtel-Dieu combien de grands hommesil a vu mourir dans l’abandon et la misère avant et depuis Gilbert.
En juillet 1830 l’Hôtel-Dieu a reçu trois cent quatre-vingt-dix blessésdont cent vingt-deux sont morts.
Un spectacle que l’on désignait sous le nom de la Crèche était établi
avant la révolution dans une des salles de l’Hôtel-Dieu, du côté du Petit-Pont. On y représentait avec des figures de cire tous les principauxmystères de la religion depuis Pavent jusqu’à Pâques ; on y entrait àtoute heure en payant une rétribution de deux sous par personne.
L’Hôtel-Dieu est composé d’une réunion de bâtiments irrégulière-ment disposés, construits et ajoutés les uns aux autres en différentstemps. Il ne présente point, comme plusieurs établissements de cegenre, un ensemble régulier, ni des parties symétriques. Ce n’est quesur la place du Parvis-Notre-Dame qu’on a cherché à donner à cetamas de bâtiments quelque régularité. En 1804, ou exécuta, sur lesdessins de M. Clavareau, le projet de procurer à cet hôpital une façadeet une entrée plus caractéristiques et plus convenables. Un pavillonavancé, de 25 m. de développement, d’un style sévère, couronné d’unefrise dorique et d’un vaste fronton, et accompagné, à chacun de sescôtés, de deux grilles, qui s’ouvrent sur deux cours,' forme la seulefaçade régulière de l’entrée de cet hôpital. Le vestibule est décoré desbustes de Bichat et Desault ; les portraits des chirurgiens les plus cé-lèbres entourent son amphithéâtre. Ses divers et principaux bâtimentss’étendent le long du petit bras de la Seine, depuis le Petit-Pont jusqu’àl’emplacement qu’occupait le palais archiépiscopal.
La morgue. De tous les établissements de la capitale, la morgue estcelui dont la destination présente l’idée la plus pénible et la plus re-poussante ; le nom même en est inconnu à la plupart des habitants deParis, et dans le petit nombre de ceux qui connaissent remplacement etle but de cette triste enceinte, sans doute il en est bien peu qui aient laforce d’en approcher. La destruction s’y présente sous des formes si hi-deuses : ce n’est point le calme mélancolique des tombeaux, le spectaclepieux et lugubre d’une cérémonie funéraire, l’aspect imposant et terribled’un champ de bataille ; ce sont les images nues et sanglanies du suicide,du meurtre, de l’assassinat ou du désespoir, c’est la mort dans toute sonhorreur. — La morgue était autrefois placée au Grand-Châtelet. Dansle cours du siècle dernier, plusieurs ordonnances ont été rendues relati-vement aux individus trouvés morts dans les rues, lieux publics, filetsdes ponts, vannes de moulin, et sous les bateaux des rivières; les or-donnances de 1712, 1736 et 1742 déterminèrent les soins à prendre,les déclarations à faire et les peines encourues par les contrevenants ;mais aucune ne fit droit aux réclamations qui avaient eu pour objetl’indécence et l’incommodité de l’espèce de cachot où des parents mal-heureux venaient, à la faible lueur d’un rayon de soleil, se pencher surun cadavre pour en reconnaître les traits défigurés. Cette améliorationn’eut lieu qu’en 1802, lors de la démolition du Grand-Châtelet. Lamorgue fut à cette époque transférée dans uu bâtiment construit exprèssur la place du Marché-Neuf. C’est un édifice isolé, sur le bord de larivière, dont le toit a la coiipe d’un tombeau antique. L’entrée offre unporche spacieux, de chaque côté duquel sont deux salles ; l’une est des-tinée à l’examen anatomique, et l’autre à l’exposition des corps que l’ony transporte : la première de ces salles est interdite au public ; l’autreest fermée par une cloison de glaces qui laisse voir dans l’intérieur desdalles de marbre noir, sur lesquelles sont exposés les morts , dont lesvêtements tapissent la muraille.— Le noyé que le fleuve abandonne surses grèves, le passant attardé tombé sous les coups d’un assassin, le sui-cide qui s’est frappé loin de son domicile pour épargner aux siens ladouleur de ses funérailles, les victimes d’un accident, à quelque classede la société qu’ils appartiennent, sur lesquels rien ne constate l’identité,vont subir à la morgue l’exposition, et attendre du témoignage des leursou des passants un état civil après décès.
La morgue reçoit en moyenne chaque année 364 cadavres, savoir :
Adultes hommes. ..*.238
Adultes femmes. SI
Nouveau-nés à ternie. . .. 26
Fœtus. 38
Portions de cadavres. H
Les 289 adultes se divisent en quatre séries principales :