VILLE DE PARIS. — DIXIEME ARRONDISSEMENT. — N u 40. QUARTIER DU FAUBOURG ST-GERMAIN.
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modernes, depuis Henri IV jusqu’à Louis XIV; époque à laquelle lesarmures de pied en cap furent entièrement abandonnées.
Dans chacune des quatre autres galeries est établi, en face des croisées,un râtelier garni d’armes portatives anciennes et modernes , depuis laplus ancienne des armes portatives à feu, l’arquebuse à mèche, jusqu’aufusil à platine percutante dont la decouverte appartient-à l’époque oùnous vivons. Ce qu’il y a de plus précieux en ce genre par la beauté dutravail, par la richesse des ornements, parla singularité des formes oupar l’importance historique, est conservé dans trois armoires vitréesplacées dans la première, dans la troisième et dans la quatrième ga-lerie.
En face des râteliers d’armes règne une suite de tables destinées à rece-voir, 1° les modèles des bouches à feu, des affûts et des voilures qui ontétc en usage dans l’artillerie depuis les premiers temps de son introductionà la guerre jusqu’à nos jours ; 2° les projets relatifs à l’arme de l’artil-lerie, qui ont été proposés dans le même espace de temps et qui n’ontpas été adoptés ; 3° les modèles des machines et des instruments em-ployés dans le service de l’artillerie ; 4° les modèles des machines, desinstruments et des outils servant aux constructions des armes de guerreet aux différents métiers qui prennent part à ces constructions. Sur leparquet, sous les porte-crosses des râteliers , et sous les tables, sontplacés les modèles de forte proportion.
Sur les murs, entre les croisées, sont suspendus quelques assortimentsd’instruments de fabrication ou de vérification, quelques détails deconstruction pour divers articles de manufacture , et autres objets quin’ont pu trouver place sur les tables qui garnissent les quatre galeries.
Le 29 juillet 1830, les patriotes s’emparèrent du musée d’artillerie,où l’on trouva quantité d’armes de toute espèce, et ce qui était plusprécieux , une grande quantité de moules à balles de divers calibres.Toutes ces armes précieuses, dont on s’était servi avantageusement pourl’attaque du Louvre et de la caserne de Babylone, furent régulièrementrapportées au musée lorsqu’elles eurent cessé d’être nécessaires.
Le palais du quai d’Orsay. Commencé sous l’empire et destiné auministère des affaires étrangères, ce palais a été achevé sous le règne deLouis-Philippe. Il se compose d’une vaste cour entourée de magnifiquesbâtiments, et de deux autres cours plus petites. La principale façade,qui donne sur la rivière, présente une longue ligne de fenêtres forméespar des arcs sous une colonnade toscane ; au-dessus est un même nom-bre de fenêtres et de colonnes d’ordre ionique. La grande cour est en-tourée par une double série d’arcades italiennes et de galeries ; aux quatreangles de cette cour sont quatre beaux escaliers; l’escalier d’honneurest magnifique. Le palais d’Orsay est occupé par le conseil d’Etat et parla cour des comptes. L’entrée principale est par la rue de Lille.
Le palais de la Légion d’honneur, situé rue de Lille, il 0 70. Cetélégant édifice fut bâti en 1786 pour le prince de Salm-Salm , dont il aporté le nom. Pendant la révolution il devint la propriété d’un escrochabile nommé Lieuthraud, qui, sous le nom emprunté de marquis deBoisregavd, y recevait la société la plus élégante de Paris, qui s’y réunis-sait pour assister aux repas somptueux que donnait l’heureux amphi-tryon et obtenir uti de ses regards. La police interrompit ces joyeux ban-quets en 1797 ; elle prétendit que le soi-disant marquis était complicede Brottier et de Lavilleheurnois ; il se tira toutefois de ce mauvais pas ;mai§, moins heureux l’année suivante, il fut arrêté comme faussaire,•mis en jugement, condamné à la marque et à quatre années de fers.
C’est à l’hôtel de Salm que M“* de Staël réunissait, sous le direc-toire, un conciliabule d’hommes d’Etat où Benjamin Constant fit ses pre-mières armes dans la carrière qu’il était destiné à parcourir plus tardavec tant d’éclat.
Sous l’empire, l’hôtel de Salm fut acquis par l’Etat et donné à l’ordreroyal de la Légion d’honneur. La porte d’entrée présente un arc detriomphe décoré de colonnes ioniques. Deux galeries du même ordreparlent de la porte et conduisent à deux pavillons en avant-corps, dontl’attique est revêtu de bas-reliefs ; un péristyle ionique règne autour dela cour en forme de promenoir couvert et continu. Le principal corps delogis est au fond de la cour ; sa façade est relevée par un ordre decolonnes corinthiennes. Du côté du quai d’Orsay, ce palais présente
l’aspect de deux bâtiments séparés par un avant-corps demi-circulaire,décoré d’un ordre corinthien.
Les appartemeuts de ce palais sont décorés avec une élégante simpli-cité, soit de stuc, soit de peintures, soit de bois précieux, suivant le ca-ractère des différentes pièces. Le salon principal, qui donne sur le quaiet occupe l’avant-corps, s’élève en forme de rotonde sur un plan cir-culaire dont le diamètre est de 14 in.
VARIÉTÉS HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES.
Quai Voltaire, n os 19, 21 et 21 bis, était le coüvext des Théatins,qui se prolongeait jusqu’à la rue de Bourbon (n° 26). Ce couvent, le seulde cet ordre en France, fut fondé en 1642 par le cardinal Mazarin.Louis XIV lui donna le nom de Ste-Atme-la-Roy ale, en l’honneurd’Anne d’Autriche, qui enrichit l’église de ses dons. Après la mort ducardinal, on y déposa son cœur. Le couvent des Théatins fut suppriméen 1790. Le bâtiment de l’église fut disposé en salle de spectacle où l’onne joua jamais ; on y donna des bals, des fêtes ; en octobre 1813, on yétablit le café des Muses; enfin, de 1821 à 1823, cet édifice fut démoli;des maisons particulières ont été construites sur son emplacement. —Ce quai portait alors le nom de quai des Théatins ; il a reçu le nom dequai Voliaire par arrêté du corps municipal de Paris, en date du 4 mai1791.
C’est au bas de ce quai, sur la partie des bords de la Seine qui fait faceaux Tuileries, que les restes de la célèbre tragédienne Adrienne Lecou-vreur, à laquelle le clergé avait refusé la sépulture, furent enterrés denuit, le 20 mars 1730, par les soins de quelques portefaix !
Au n° 23 , et rue de Beaune, n° 1, est I’hôtjet. de ATllette, queVoltaire vint habiter en 1777, et où il est mort le 30 mai 1778. C’estdans l’appartement du premier étage, donnant sur le quai, que cet im-mortel écrivain a passé les quatre derniers mois de sa vie. Après samort, l’appartenient qu’il avait occupé resta inhabité, et les croisées ensont constamment restées fermées pendant plus de trente années. — Onassure que le conseil municipal de Paris est dans l’intention (et on nepeut trop le féliciter de cette noble résolution) de faire placer sur la par-tie la plus apparente de l’ancien hôtel de Villetle, cette simple inscrip-tion :
Ici est mort 4
VOLTAIRE,
Le 3o mai 1778.
Au n° 25 , dans une boutique occupée par une cave de marchand devin, demeurait en 1813 le libraire Colnet, qui a été successivementprêtre, militaire, libraire, critique, archiviste, etc.—Editeur de Justineet auteur de YMrt de dîner en 'ville , à l’usage des gens de lettres, sousla restauration il devint un des principaux rédacteurs de la Gazette deFrance, journal à la prospérité duquel il contribua pendant quinze ans,qu’il alimentait d’articles grotesques , et quelquefois de jolis articles.Le ministre Corbière l’avait chargé des archives judiciaires, conservéesalors dans la sainte chapelle; pendant quinze ans qu’il fut titulaire decet emploi, il ne visita pas une seule fois ce dépôt, mais il ne négligeapas d’eu recevoir le traitement.
Au n° 9 habitait et est mort, le 23 avril 1823, le célèbre Denon,conservateur des musées sous l’empire, directeur de tout le travail artis-tique de la colonne de la grande armée, et auteur de l’histoire numis-matique de l’empereur, qu’il suivit dans la plupart de ses campagnes.Il avait rassemblé dans son hôtel un cabinet digue par sa richesse dedevenir une propriété nationale, et qu’un gouvernement peu jaloux dela gloire des arts a laissé vendre aux enchères.
Au n° 5 demeurait en 1812 A.-G. Thibaudeatj , qui obtint le plusbeau triomphe national de notre première révolution; il fut nommédans trente-deux départements député à la convention nationale et auconseil des cinq cents.
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