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Les quarante-huit quartiers de Paris : biographie historique et anecdotique des rues, des palais, des hôtels et des maisons de Paris / par Girault de Saint-Fargeau
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168 VILLE DE PARIS. ONZIEME ARRONDISSEMENT. N" A3. QUARTIER DE LA SORRONNE.

A la gloire île Dieu et à léternelle mémoire dAnne-Murie Martiiiozzi, princessede Conti , qui, détrompée du monde dès lâge de dix.ncuf ans , vendit toutes sespierreries pour nourrir, durant la famine de 1662, les pauvres du Berry, de laChampagne, de la Picardie, etc., etc.

Le célèbre historien André Duchesne, le généalogiste Pierre dHo-zier, le garde des sceaux Montholon, lacadémicien Houdard de laMothe, le président à la cour des monnaies Louis Cousin, le graveurRobert Nanteuil, ont aussi été enterrés dans cette église. Le grand ma-gistrat Henri dAguesseau avait été inhumé dans le cimetière ainsi queClaire le Picard de Périgny, son épouse.

A lextrémité de la rue St-André-des-Arcs, dans une maison sur la-quelle on voyait une sculpture représentant un éléphant, demeurait au-trefois Jacques Coytier, médecin de Louis XI, dont il est longuementparlé dans Philippe de Comines. On lisait sur la façade de cette maisonlinscription suivante :

Jacobus Coytier miles et consiliarius ne vice-prsesesCaméras computorum ParisiensisAream émit, et in ea ædificavit banc domtiniAnno 1490.

Lhôtel ou séjour dOrléans occupait, rue St-André-des-Arcs, toutlespace qui sétend depuis la rue de lEperon jusquà la porte Bussy. Cethôtel avait été habité par Philippe , duc dOrléans , cinquième fils dePhilippe de Valois ; après la mort de ce prince, il passa à Louis deFrance, duc dOrléans, fils de Charles V, qui le vendit en 1401 à Char-les VI, son frère, moyennant 225,000 livres dor ; cet hôtel redevinttoutefois sa propriété , car Valentiue de Milan, femme de ce prince, ylogea lorsquelle vint demander justice de sa mort ; Louis dOrléans,son petit-fils, en était propriétaire en 1484, époque il le vendit à unconseiller au parlement et à deux autres personnes. Cest sur une partiede lemplacement de cet hôtel que Jacques Coytier avait fait bâtir samaison.

Au coin de la rue St-Àndré-des-Arcs et de la rue Gît-le-Cœur, dansune maison dont se contenterait à peine aujourdhui un boulanger ouun marchand de vin, il ny avait quuue salle et une petite cuisineau rez-de-chaussée, deux chambres au premier étage et deux chambresau second, logeait avec toute sa famille , au xvi c siècle, le garde dessceaux Montholon.

Au n° 30 était le collège dAutüx , fondé en 1340 et réuni aucollège Louis-le-Grand en 1764.

Au n° 40 demeurait en 1793 Billaud-Varennes, député de Paris àla convention nationale , déporté à Cayenne en lan m, mort au Port-au-Prince (île dHaïti) vers la fin de 1819.

La porte de Bussy ou Buci, qui porta ensuite le nom de porteSt-Germain, était située au bout de la rue St-André-des-Arcs, près de larue Contrescarpe. Dans la nuit du 28 au 29 mai 1418, le fils de PérinetLeclerc, ayant pris sous le chevet de son père les clefs de cette porte ,louvrit aux troupes du duc de Bourgogne, auxquelles se joignit aussitôtla plus vile populace, qui tuèrent ou emprisonnèrent tous ceux quiétaient opposés à la faction de ce prince , et quon appelait les Ar-magnacs. Le 12 juin le carnage recommença avec plus de fureur. Lesbouchers, qui eurent la plus grande part à ce massacre, érigèrent àPérinet Leclerc , au pont St-Michel, une statue, qui fut renversée dèsque Charles .VII se fut rendu maître de Paris, et dont le troue mutilé alongtemps servi de borne à la maison qui fait le coin de la rue St-André-des-Arcs et de la Vieille-Bouclerie.Après la trahison de PérinetLeclerc, la porte de Bussy fut murée et condamnée. François I e *' la fitrouvrir en 1539. Le 24 août 1572 , jour de la St-Bàrthélemy , cetteporte arrêta pour un moment la fureur du duc de Guise, acharné à lapoursuite des protestants ; elle était fermée, et les préposés à sa gardeavaient oublié den apporter les clefs. Le duc de Guise fit briser cetteporte à coups de hache ; mais il était trop tard, les protestants avertisavaient pris la fuite , et les troupes lancées à leur poursuite ne purentles atteindre.

Bue Hautefeuîlle, n° 30, était le collège des Pbémontrés, fondéen 1252, dans une maison qui portait le nom de Pierre Sarrasin , par

lordre des Prémontrés. Il était autrefois borné par quatre rues : par larue des Cordeliers ; par la rue des Etuves, qui se trouvait en face de larue Mignon, dont elle faisait la continuation ; par la rue de lArchevêquede Reims ou du Petit-Paon, dont une partie subsiste encore sous le nomdimpasse du Paon ; et par la rue Hautefeuille , la porte dentrée ducollège existe encore au n° 30 de cette rue. Léglise avait été rétablie en1618.

Rue Serpente, n° 7, était le collège de Tours , fondé en 1333 , etréuni à luniversité en 1763. Il y avait aussi dans cette rue le collègede Suède, qui subsistait vers 1333, et dont on ignore lépoque de ladestruction.

K° 45. QUARTIER DS LA SORBONNE.

Ci-devant section de la Sorbonne.

Les limites de ce quartier sont : à partir du pont St-Michel, la rue dela Vieille-Bouclerie n os impairs ; la rue de la Harpe n°* impairs ; la placeSt-Michel à gauche, et de plus les n os impairs de la rue des Francs-Bourgeois ; la rue dEnfer n os pairs et impairs jusquà la rue St-Domi-nique dEnfer, la rue St-Dominique dEnfer n os pairs, la rue St-Jac-ques n os pairs, la rue du Petit-Pont n os pairs; le quai St-Micheljusquau pont de ce nom. Superficie 211,000 m. carrés, équivalantà 0,006 de la superficie totale de Paris.

On remarque principalement dans ce quartier :

Léglise St-Severin, située rue St-Severiu entre les n os 3 et 5. Cenétait dans lorigine quun petit oratoire sous linvocation de saint Clé-ment. Léglise actuelle est un édifice gothique dont plusieurs parties ontété reconstruites en 1347 et en 1489. Lintérieur est remarquable parla belle ordonnance de labside, éclairée par un double rang de croisées.Les chapiteaux des colonnes, les nervures des voûtes , à leur point dejonction et darrêt, sont surchargés de culs-de-lampes et de sculpturesde toute espèce. Les colonnes de la galerie inférieure du chœur sontremarquables par le fini et la légèreté de leur exécution. Des vitrauxmagnifiques décorent labside. La coupole du maître-autel, soutenuepar huit colonnes de marbre ornées de bronze doré, a été exécutée parTubi sur les dessins de Lebrun. Lentrée de cette église, du côté de larue St-Severin, a été décorée du joli portail de léglise de St-Pierreaux Bœufs , que lon a eu lheureuse idée de greffer sur celle de St-Se-verin.

Etienne Pasquier, auteur de savantes recherches sur notre histoirenationale, a été enterré dans cette église, ainsi que lhistorien AndréDuchesne ; les frères de Ste-Marthe , qui entreprirent le grand recueilde la Gallia christiana, le savant Hellies du Pin, etc.

Le cimetière se trouvait derrière léglise, du côté de la rue de la Par-clieminerie. On y voyait avant la révolution un tombeau entouré dunegrille de fer, sur lequel était la figure dun homme couché, ayant la tèteappuyée sur une de ses mains et le coude sur des livres ; cétait le tom-beau dEunon de Linda, seigneur étranger, mort à Paris, il était venufaire ses études à luniversité.Un peu plus loin était le tombeau dunhomme qui fut enterré vivant. On voyait aussi dans ce cimetière untableau connu sous le nom de M ,le de Montpensier, placé en ce lieupour attiser le feu de la Ligue. Ce tableau, qui représentait des exécutionsbarbares exercées par Elisabeth, reine dAngleterre, sur les catholiques,fut enlevé le 9 juillet 1587 ; il avait été exécuté daprès les ordres dePrévôt, curé de St-Severin , un des coryphées intraitables de la Liguecatholique contre les protestants. Avant la révolution on distribuaittous les ans dans léglise St-Severin un prix de vertu aux cinq filles lesplus méritantes de la paroisse.

La Sorbonne. Robert Sorbon, chapelain de saint Louis , nommé en1250 à un canonicat de Cambrai, et se rappelant les difficultés que, parsuite de la pauvreté de sa famille, il avait eues à vaincre pour arriver augrade de docteur en théologie, voulut faciliter aux écoliers sans fortunelobtention de ce grade en fondant une école destinée à recevoir et en-tretenir de pauvres écoliers. Saint Louis lui fit don à cet effet, en1250, dune maison qui était dans la rue Coupe-Gueule, et deux autres