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VILLE DE PARIS. — DOUZIÈME ARRONDISSEMENT. — N° 45. QUARTIER ST-JACQUES.
minot, de Lasalle, Lavalette, Legrand de la Manche,' Legrand del’Oise, Mathieu de Saône-et-Loire, Meilheurat, Paganel, Raguet l’E-pine, le maréchal Sébastiani, Vieillard, etc., etc., etc. —Eu 1800, cecollège reçut le nom de prytanée , qu’il changea en 1804 pour celui delycée impérial. En 1814, on lui a rendu le nom de collège de Louis-le-Grand.
Le collège de Henri IV, situé rue de Clovis, n° 1. Ce collège, fondépar l’empereur en 1805 sous le nom de lycée Napoléon, qu’il chan-gea pour le nom qu’il porte actuellement sous la restauration, occupe lesbâtiments de l’ancienne abbaye Ste-Geneviève, fondée par Clovis et parla reine Clotilde, son épouse, quiy furent l’un et l’autre enterrés. L’église,incendiée par les Danois en 857, fut reconstruite en 1175. La tour et lacrypte seulement présentaient quelques parties de la première construc-tion ; le portail, extrêmement simple, paraissait aussi être plus ancienque la restauration qui se fit sous le roi Robert. Le tombeau de Ste-Ge-neviève en marbre, entouré d’une grille, était au centre de cette crypte;son corps en fut retiré et déposé dans une châsse d’un grand prix, qui futplacée derrière le chœur, et supportée par quatre colonnes d’un marbreprécieux; en 1798, cette châssea été portée à l’hôtel des monnaies poury être fondue, et les reliques de la sainte ont été brûlées publiquementsur la place de Grève. — Dans une chapelle, près du maître-autel, étaitun magnifique tombeau, où l’on voyait la statue en marbre et à genouxdu cardinal de la Rochefoucauld. —Sur un des piliers de la nef étaitun médaillon représentant le portrait de Descartes ; un peu plus loinétait l’épitaphe du célèbre cartésien J. Rohault. L’église Ste-Genevièvea été démolie en 1807, à l’exception de la tour qui se trouve engagéedans les bâtiments du collège. — L’abbaye de Ste-Geneviève eut pourorigine des chanoines réguliers remplacés eu 1148 par des religieuxsuivant la règle de St-Augustin. C’était le chef-lieu d’une congrégationqui avait en France cent neuf maisons, et qui nommait ses religieux àplus decinq cents cuves. La bibliothèque, qui a été conservée, est cons-truite en forme de croix et éclairée dans le milieu par un dôme dont lacoupole a été peinte par Restout, qui a représenté sur le plafond leTriomphe de saint Augustin. L’église Ste-Geneviève était un lieu derefuge ou d’asile pour les criminels : ce fut là que Leudaste, comte deTours, convaincu d’impostures dans un concile tenu à Brennacum, en-tre Soissons et Paris, se retira au moment où il sut que son crime étaitdécouvert. — Plusieurs conciles ont été tenus dans cette église en 573,577 et 615; le plus fameux est celui de 577, où comparut Prétextât,évêque de Rouen. —Dans le temps où la coutume était que des fem-mes vécussent en recluses dans une cellule pratiquée dans le corpsmême de l’église, il y en avait une à Ste-Geneviève, ainsi que le cons-tate l’ancien nécrologe de l’abbaye.
Le collège de France, situé place Cambrai et rue St-Jacques. Cecollège a été fondé en 1346, sous le nom de collège des Trois-Evèques,par les évêques Hugues de Pômare, évêque de Langres, Hugues d’Orcy,évêque de Laon, et Guy d’Aussonne, évêque de Cambrai. Peu de tempsaprès sa fondation, ce collège reçut le nom de collège de Cambrai, parcequ’il fut établi sur l’emplacement de la maison de cet évêque. Dans lemême local occupé par ce collège, François I er fonda en 1530, le col-lège de France, à la sollicitation de Jean du Bellay, et du savant Guil-laume Budé; mais les guerres civiles et différentes autres circonstancesne permirent de s’occuper de la construction des bâtiments que sous lerègne de Louis XIII, qui en posa la première pierre le 28 août 1610.Les bâtiments existèrent jusque vers 1774, époque où il furent dé-molis et remplacés par le collège existant aujourd’hui, qui futaugmentéen 1774, et auquel on vient d’ajouter de nouvelles constructions qui enfont un des plus beaux établissements en ce genre qui existent à Paris.—Au nombre des hommes célèbres qui ont professé et qui honorèrent leplus le collège de France, on cite Valable, le célèbre Ramus, Charpen-tier, de Lisle, Astruc, Rollin, l’illustre Gassendi, Tournefort, Dauben-ton, Lalande, Hallé, Darcet, Portai, Corvisart, Vauquelin, Cuvier, Am-père, Lacroix, Thénard, Batteux, le Beau, de Guignes, Delille, Legouvé,Andrieux, Silvestre de Sacy, etc., etc.
L’école normale, située rue St-Jacques, n° 115. Cette école a étéfondée par un décret de la convention en date du 9 brumaire an in,
fermée le 30 floréal de la même année, réorganisée en 1808, suppriméeen 1822, et réorganisée le 6 août 1830. Elle était établie originairemenldans l’amphithéâtre du jardin des plantes, d’où elle fut transférée dansles bâtiments du séminaire du St-Esprit, rue des Postes, et ensuite dansl’ancien collège du Plessis, que cette école occupe encore aujourd’hui :elle doit être transférée prochainement rue d’Ulm, dans un magnifiquelocal construit spécialement pour cette école.
Le college nu Plessis fut fondé vers 1316, par Geoffroi du Plessis-Balison, secrétaire de Philippe le Long. En 1647, ce collège fut réuni àla Sorbonne et prit le nom de Plessis-Sorbonne. Pendant la révolution, lecollège du Plessis fut transformé en une prison qui devint une succur-sale de la Conciergerie; c’était là que l’on déposait les victimes réservéespour le tribunal révolutionnaire, et dont on venait chaque jour chercherun certain nombre. Les prisonniers appelaient escalier des Parques, celuipar lequel on faisait descendre les malheureux qu’on conduisait à ce tri-bunal, d’où ils allaient souvent directement à l’échafaud. — Les bâti-ments de ce collège ont été réunis au collège Louis-le-Grand, à l’excep-tion de la partie affectée à l’école normale.
Le marché des Carmes, situé rue des Noyers et rue de la Monta-gne-Ste-Geneviève. Il a été établi en 1818 sur remplacement de l’é-glise et des bâtiments de l’ancien couvent des Carmes, construit en 1318,supprimé en 1790, transformé en manufacture d’armes pendant la ré-volution, et démoli en 1814. L’église, qui 1 était immense, renfermaitentre autre tombes celles de Gilles Corrozet, auteur de la première des-cription de Paris. Le cloître des Carmes était un vaste et curieux monu-ment des arts du xiv* siècle ; les peintures qui chargeaient ses muraillesreprésentaient la vie du prophète Elie, écrite au-dessous en vieillesrimes françaises.
VARIÉTÉS HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES.
Rue St-Jacques , n° 45 , au coin septentrional de la rue desNoyers, était la chapelle St-Yves, bâtie en 1348, et démolie en 1796.
Au n° 143 etrueSt-Etienne-des-Grès,n°*ll et X3, était l’égliseSt-Etienne-des-Grès, bâtie vers la fin du ix e |jècle, supprimée en1790, et démolie deux ans après.
La porte St-Jacques, qui faisait partie de l’enceinte de Philippe Au-guste, et par où les troupes de Charles VII entrèrent le 13 avril 1436,s’ouvrait dans la rue St-Jacques, à peu près au coin de la rue St-Hya-ciuthe.
Rue St-Julîen-le-Pauvre, n° 11, au fond d’une cour, est l'églisede St-Julienle Pauvre, dont il est fait mention dès l’an 580 ; plus tardelle fut reconstruite et érigée en prieuré qui dépendait de l’abbaye deLong-Pont. Cette petite église, du style le plus gracieux et le plus élé-gant, sert aujourd’hui de chapelle à l’Hôtel-Dieu ; la partie du portailqui existe encore parait appartenir au xm e siècle. — A côté de St~Julien le Pauvre était située la chapelle de St-Blaise, démolie à la findu siècle dernier.
Rue de la Bûcherie, n os 13 et 15, était autrefois l’école de mé-decine bâtie en 1472, et dont les cours furent transférés de la rue duFouarre en ce lieu en 1505. Un chanoine de la cathédrale y fit cons-truire en 1608 un amphithéâtre anatomique, reconstruit en 1744, quiexiste encore aujourd'hui ; c’est une rotonde soutenue par huit colon-nes d’ordre dorique et terminée en coupole, qui s’élève au coin de larue de l'hôtel Colbert.
Rue du Fouarre , u° 17 , était situé le collège de la watiox df,Picardie, l’un des quatre de l'Université, qui avait fait bâtir dans cetterue en 1487 une chapelle sous le vocable de la Vierge, de St-Nicolas et deSte-Catberine, qui ne s’ouvrait que les jours d’assemblée de l’Université.
La faculté de médecine, formée en compagnie vers la fin du xm*siècle, donna ses leçons dans des écoles qui furent ouvertes rue duFouarre, jusqu’en 1781, époque où elle commença ses exercices et oùelle ouvrit ses cours dans un amphithéâtre qui existe encore rue de laBûcherie.