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DIVISION FINALE DE L’EMPIRE.
s’étendait plus, à la vérité, sur le littoral tout entier de laMéditerranée ; les territoires de l’Empire ne se tenaient pluscomme par le passé; mais si l’Empire n’était plus ce qu’ilavait été, le seul état des pays méditerranéens, il était de-venu incomparablement le plus grand de tous ces états. D’unautre côté, après avoir recouvré une aussi grande étenduede pays de langue latine, la tendance qu’il pouvait avoir àdevenir un état grec ou oriental se trouvait arrêtée pourplusieurs siècles. Nous n’avons pas d’ailleurs à envisager lecôté politique et moral des conquêtes de Justinien, maisleurs conséquences géographiques. Quelques-unes de cesconquêtes furent tout à fait temporaires. Elles amenèrentcependant des changements assez considérables, qui conti-nuèrent à agir sur l’histoire et la géographie longtemps aprèsque leurs conséquences immédiates avaient cessé d’exister.
Les Lombards en Pannonie, puis en Italie(567), — Les Gépides et les Avares. — Les con-quêtes de Justinien empêchèrent la formation en Italied’un royaume teutonique national, semblable à ceux quis’étaient formés en Gaule et en Espagne, et elles firent que laville qui avait été le berceau de l’Empire, Rome, devint unedépendance éloignée de la grande colonie qu’elle avait fondéesur le Bosphore. Cependant la réunion de l’Italie à l’Empire nedura qu’un moment. La conquête venait à peine d’en être ter-minée, que de nouveaux envahisseurs teutoniques se préci-pitèrent sur l’Italie. C’étaient les Lombards, qui avaient faitirruption dans l’ancienne Pannonie à peu près à l’époque oùles Ostrogoths pénétrèrent en Italie, et s’étaient ainsi établisen deçà des anciennes limites de l’empire d’Occident. Ce-pendant la puissance romaine avait tout à fait disparu deces régions, et le royaume lombard se trouvait réellementen dehors de l’Empire. Il n’v avait en lui rien de romain,pas même à la surface, comme c’était le cas pour lesroyaumes des Francs et des Goths. A l’est des Lombards,dans l’ancienne Dacie, un autre royaume teutonique s’étaitformé, celui des Gépides, nation qui devait toucher d’assez