DIVISION FINALE DE L’EMPIRE.
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cune des deux divisions de l’Empire commence à prendreune sorte de caractère national. L’Orient et l’Occident conti-nuèrent à rester romains par le nom et les traditions poli-tiques. L’ancienne Rome fut le centre nominal de l’un, et lanouvelle Rome fut le centre à la fois nominal et réel del’autre. Tous deux cependant cessèrent d'être romains dansun certain sens, à partir de cette époque. En effet, l’empired’Occident appartient maintenant à un roi germain, et leschangements qui vont se produire tendront à rendre sonempire de plus en plus germanique. L’empire d’Orient, lui,par la perte successive de ses provinces orientales, de l’Afriquelatine et de l’Italie latine, se trouve maintenant presquelimité à ces parties de l’Europe et de l’Asie où prédominaientla langue et la civilisation grecques. Aussi peut-on dire quesi les deux empires sont toujours romains à un point de vue,ils vont devenir, l’un de plus en plus germain, l’autre deplus en plus grec. Et les deux états que forme ainsi l’em-pire romain divisé sont bien deux empires, et non plus desimples divisions d’un empire qui a été trouvé trop grandpour être gouverné par un seul homme. Les empereursd’Orient et d’Occident ne sont plus des collègues se parta-geant l’administration d’un empire unique. Ce sont main-tenant des potentats rivaux, et chacun d’eux se prétendexclusivement le seul véritable empereur romain, le seul re-présentant de leurs prédécesseurs communs, à l’époque oùl’Empire était encore indivis.
Les deux empires et les deux califats aucommencement du neuvième siècle. — Il est bon
de remarquer qu’un pareil changement s'était déjà produit unpeu plus tôt dans l’empire mahométan. L’établissement d’unedynastie rivale à Cordoue était quelque chose de tout à faitanalogue à l’établissement d’un empire rival dans l’ancienneRome, bien que la prise du titre de calife n’eût pas lieu.immédiatement. Le monde méditerranéen eut alors quatregrands états, les deux empires chrétiens rivaux et lesdeux califats mahométans également rivaux; et il était tout