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DIVISION FINALE DE L'EMPIRE.
naturel que chacun de ces quatre états fût l’ennemi de sonvoisin de. religion opposée et l’ami du rival de ce même voi-sin. L’empereur d’Orient est l’ennemi du calife d’Orient etl’ami du calife d’Occident; l’empereur d’Occident est l’en-nemi du calife d’Occident et l’ami de celui d’Orient. Tel estau commencement du neuvième siècle le tableau des quatregrands états qui devaient, en se démembrant, donner nais-sance aux divers états chrétiens et mahométans dont nousverrons plus tard la formation.
Extension de la domination franque sousle règne de Charlemagne. — Charlemagne, après soncouronnement, exigea de ceux qui lui avaient juré fidélitécomme roi des Francs, de lui prêter le même sermentcomme empereur romain ; ce fait a une certaine importanceà la fois historique et géographique, car il montre quetoutes ses possessions franques, lombardes, et celles stric-tement romaines durent être considérées comme faisantpartie de l’empire d’Occident. Celui-ci se trouva ainsi com-prendre tous ces pays germaniques que les empereurs ro-mains ne purent jamais conquérir. La Germanie finit parfaire partie de l’empire romain, non parce qu’elle fut con-quise par Rome, mais par le choix que fit Rome d’un empe-reur germain. Les frontières de l’Empire devinrent ainsibien différentes de ce qu’elles avaient jamais été. Le nouvelempire romain des Francs ne comprenait pas tout ce quiavait appartenu à l’ancien empire d’Occident; la Bretagne etl’Afrique n’y figuraient pas, et l’Espagne n’y entrait quepour une très petite partie. D’un autre côté, tous les pays,germaniques ou non, qui étaient alors soumis aux Francs,firent partie de l’empire d’Occident, qu’ils eussent ou nonappartenu à l’ancien empire. C’est ainsi qu’après les longuesguerres de Charlemagne avec les Saxons, lesquelles se ter-minèrent par leur soumission complète, la Saxe fut incor-porée au royaume franc, et ensuite à l’empire d’Occident,lorsque le roi des Francs eut été couronné empereur.
Les conquêtes de Charlemagne eurent ainsi entre autres