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Cette famille ne présente qu'un arbrisseau appartenant à l’Eu-rope méridionale : le Nerium (Laurier rose). Ce végétal partage,avec un autre de cette famille, l’Apocyn Gobe-mouche, une sin-gulière propriété qui n’est pas étrangère à l’entomologie. Cesplantes ont les fleurs disposées de manière que les Mouches quiy vont chercher des sucs, enfoncent leur trompe par le passageétroit qui se trouve entre les écailles et les ovaires; et, lorsqueces Insectes veulent la retirer, elle se trouve engagée d’autantplus fortement qu’elles font plus d’efforts pour la dégager.
G. NERIUM, nerium. Linn.
La corolle est à tube court et bord plan ; les étamines sont aunombre de cinq incluses.
Le Laurier rose, dont le nom rappelle à la fois l’emblème de lagloire et des plaisirs, décore tous les lieux baignés par la Médi-terranée, il s’unit à l’Oranger, au Myrte, à l’Olivier pour formerles doux ombrages de cet heureux climat ; il embellit surtout lebord des lacs et des ruisseaux ; et par son feuillage toujours vert,ses Heurs d’un rose charmant, il est devenu dans toute l’Europe,l’un des plus vulgaires des arbrisseaux d’orangerie. Cependant,cette beauté cache le poison ; toute la sève est âcre et narcotiqueet ses effets délétères ne sont que trop connus par la mort dessoldats lrançais en Corse qui, en 1769, avaient fait rôtir des vo-lailles en les embrochant de branches de Lauriers roses.
Nous ne connaissons que trois Insectes qui vivent sur cet arbris-seau.
HÉMYPÏÈRES.
Aphis nerii. Fous Col. — V. Cornouiller.
Aspidiotus nerii. Bouché. — V. Rosier.
LEPIDOPTERES.
Deilephila (Sphynx) nerii. Linn. — V. Vigne. Espèce si remar-quable par sa grandeur et ses belles teintes verdoyantes et pur-purines. Méridional comme le végétal qui le nourrit, il n’étaitconnu dans la zone tempérée que par les amateurs qui le tiraient