» longue période d’années ; de détruire des combinaisons sages et» essentiellement paternelles ; de mettre des illusions à la place» des réalités, et par suite, de précipiter les mœurs hors de la» ligne de simplicité , en hâtant les progrès du luxe. » Nous ai-mons plutôt à voir dans le Peuplier un bienfait de la Providenceenvers le pauvre, le peuple, à qui il paraît devoir son nom, tan-dis que le Chêne est l'arbre du riche. C’est le calicot et l’indienneen regard du velours et du brocard.
En raison de son utilité, le Peuplier a été approprié à tous lessites, à tous les sols, à toutes les expositions des climats froids ettempérés. Les différentes espèces qu’il présente ont chacune leurattribution. Le Peuplier noir est destiné aux bords des eaux , auxprés, aux bois aquatiques; le Tremble aux sables, aux mou-tagnes, le Peuplier blanc, l’Ypréau, d’une utilité plus générale,est également plus répandu; le Peuplier d’Italie se prodigue demême en tous lieux.
Quelle que soit l’utilité que présente la nombreuse phalangedes Peupliers, nous ne pouvons en jouir qu’avec réserve, et nousdevons souvent y renoncer à cause du dommage qu’ils peuventcauser. Il convient surtout de les exclure des champs et des prai-ries , où leurs racines traçantes, s’étendant au loin et absorbantl’humidité du sol, les rendraient très-nuisibles. Mais ils présententtous leurs avantages sans inconvénients dans les bois, les terrainsvagues, les haies, sur les rivesdes fleuves et des canaux, surles bordsintérieurs des routes. Les Peupliers blancs surtout bordaient admi-rablement un grand nombre de chemins dans le département duNord, avant que les ponts-et-chaussées n’y eussent proscrit toutesles plantations (1), leur science économique, enlevait aux routes leurprincipale beauté, aux voyageurs le doux ombrage, à l’Etat deprécieuses ressources. Ils auraient cru se compromettre en imitantSully et Colbert.
Les Peupliers sont au nombre des arbres qui nourrissent le plusd’insectes et qui en sont le plus maltraités.
(1) Depuis, ils ont reconnu leur erreur, mais la destruction était con-sommée, et il ne reste que l’espérance que donnent les nouvelles plantations.