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feuillage comme nuisible aux chevaux , mais il ne l’est pasaux ruminants. Virgile en éloigné les ruches. Plutarque lecraint surtout pendant la floraison. Selon Jules César, les Gau-lois trempaient leurs flèches dans son suc pour les empoisonner,et le chef des Eburoniens, parent d’Arminius , s’en servitpour se donner la mort après sa défaite. Sestius dit que cet arbreest si vénéneux, qu’il fait mourir soudainement tous ceux quiboivent et mangent ou qui s’endorment sous son ombrage , et quele nom même de poison (Toxicum) paraît dériver de celui de l’If(Taxus). Lucrèce fait allusion aux dangereuses propriétés de l’If,dans les vers suivants :
Est etiam magnis Heliconis montibus arborFloris odore hominum tetro consueta necare.
Parmi les modernes, les accusations contre cet arbre ne sont pasmoins graves. Suivant Roi, des jardiniers employés à tondre unIf très touffu, du jardin de Pise, furent atteints de violentes dou-leurs de tète. Bauhin affirme que son ombre seule peut donner lamort. Matthiole prétend que son odeur tue les rats. Le JésuiteSchott assure que ses rameaux, plongés dans l’eau stagnanteassoupissent le poisson. Valmontde Bomare rapporte qu’en 1753plusieurs chevaux périrent au milieu des convulsions, quatreheures après en avoir mangé dans un parc de Bois-le-Duc. (1)
Toutes ces qualités malfaisantes, quoique révoquées en doutepar d’autres autorités dignes de foi, Haller, Daléchamp , Péna,Gérard, Lobel, ont été accréditées au point qu’une ordonnanceroyale du 23 octobre 1637, prescrivit son abattage dans les jardinset autour des habitations champêtres. Il fut proscrit même descimetières dont il était l’ornement le plus conforme aux tristespensées, aux graves méditations.
Tel est le singulier procès dont l’If est lé sujet, où l’attaque et la
(1) Il dit aussi, qu’un âne mourut subitement au Jardin des Plantespour avoir brouté les feuilles d’un If, auquel on l’avait attaché.