Band 
Tome deuxième.
Seite
28
JPEG-Download
 

28 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

forfaiture, le déclarait déchu de ce domaine fieffé, qui établissait entre eux les relationsde vassal à seigneur. La famille Hervieu pouvait être exposée à ces mécomptes. Elleavait différents domaines qui se trouvaient dans la mouvance de seigneurs différents,comme il est dit expressément par les aveux relatés plus haut. L’abbaye de Fécamp ,le seigneur de Tourville, le seigneur Prestreval, et les possesseurs des seigneuriesde Bretteville, Àuberville la Yersault, Ignauville, avaient des droits sur elle. Lescontradictions et les non-sens de l’institution féodale ont été pour beaucoup dans sadécadence. On l’a abandonnée peu à peu comme une chose impossible : elle est tombéeen désuétude, elle a été abolie par la coutume, et enfin elle a disparu dans un oublicomplet, jusqu’au moment où la révolution de 1789 l’a déclarée supprimée et a effacé lesderniers vestiges qu’elle avait laissés dans les lois ou dans les mœurs.

Nous pouvons résumer en ces mots les renseignements que nous avons encore à donnersur la terre des Ifs : la dernière descendante des anciens possesseurs de ce fief, Madeleinede Ilervieu, avait épousé François-Théodore Desmares, chevalier, comte de Trébans. Cefut un des descendants de ce dernier, M. E. de Trébans, qui vendit ce domaine aupropriétaire actuel, M. Pierre Dufresne : la vente eut lieu en 1859.

C’est à partir de cette époque que le château actuel des Ifs, château construit selontoute probabilité pendant les premières années du règne de Louis XIII , fut entièrementrestauré, puis complété, comme nous l’avons dit plus haut, par deux ailes exécutées dansle style du bâtiment principal, et par de nombreuses et importantes dépendances. Le parcà l’anglaise fut tracé aussi en môme temps, et planté sur de nouveaux dessins.

Malgré l’extrême obligeance du châtelain, M. Dufresne, à qui nous devons la plupartdes documents insérés dans cette notice, on voit, en définitive, combien peu nous sommesrenseigné sur l’histoire du château actuel. Nous ignorons complètement, par exemple, ladate de la construction, le nom du personnage qui le fit élever et celui de l’architectequi en donna les plans. Voilà des lacunes que nos lecteurs regretteront sans doute autantque nous; mais le temps ne viendra-t-il pas ajouter des détails historiques à ceux quenous possédons déjà, et partant diminuer nos regrets? Il le faut espérer. En attendant,M. Dufresne, que nous ne saurions vraiment assez remercier ici de toutes ses complaisancesà notre égard, a bien voulu nous envoyer le dessin d’un fragment intéressant de sculp-ture, fragment que nous n’avions pas aperçu lors de notre séjour au château, et qui pourraitpeut-être, en cherchant de nouveau, jeter un peu de lumière non pas sur l’origine mêmede l’édifice, mais sur la vie des personnes qui l’ont habité depuis sa fondation. Voici lefragment en question gravé au quart d’exécution (voy. lig. 1). Ce sont deux écussonsovales posés sur un socle et surmontés d’une couronne de comte, le tout soutenu pardeux élégantes licornes. L’écu de droite contient trois glands, deux et un, séparés parun chevron, celui de gauche montre trois fers de lance disposés comme le précédent,c’est-à-dire deux et un également : le millésime 1718 se lit sur le socle. Évidemment cettedate ne répond pas au style du château : elle ne peut servir de renseignement que sur lafamille des possesseurs des Ifs à cette époque; mais laissons à d’autres le soin de faire denouvelles recherches propres à éclaircir tous ces poi nts d’histoire, par malheur assez obscurs.