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Tome deuxième.
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DIJ XV e AfJ XVIII e SIÈCLE.

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Mansart, le château, dont il fit faire tous les bâtiments et tous les jardinages, est dunebeauté si singulière, quil nest point détrangers curieux qui ne laillent voir commeune des plus belles choses que nous ayons en France . » De nos jours, on pense encorecomme Perrault ; et les artistes à qui larchitecture déjà classique de ce splendideédifice pourrait, à la rigueur, ne pas plaire, sont souvent les premiers à rendre justiceà léclatant, mérite de lensemble et du détail, et au merveilleux talent de larchitecte.

Ce quil faut surtout admirer, ce sont les façades :, surtout, point de sécheresse dansles lignes, nulle superfluité dans la décoration : « Rien de trop » semble avoir étéle mot dordre adopté par Mansart , lorsquil traça sur le vélin ses conceptions et sesplans. Partout les proportions sont heureuses, et révèlent un goût parfait, un bon sensexquis. Si notre parole avait plus d'autorité, nous nhésiterions pas à engager ceuxqui étudient larchitecture à faire de ce beau monument lobjet de leurs méditations :il leur serait à la fois un modèle qui les instruirait, et une source dinspirations ilspuiseraient abondamment les pensées premières de leurs créations futures.

VI.

Décrivons à présent le château de Maisons.

Nous donnons dabord un plan général de lédifice.

Ce plan (fig. I) a deux destinations : indépendamment de lorientation du bâtimentet de sa position à légard de la Seine , et des pentes quil domine ; indépendamment duplateau se voit le château proprement dit, il indique aussi les transformations subiespar les dépendances et le tracé du nouveau parc.

La première chose à signaler sont les trois avenues qui permettent daccéder au

autrement. Mansart comprend parfaitement lhonneur qui lui est fait; il semble comprendre parfaitement aussi les justesexigences du ministre ; mais, malgré cela, il ne saurait se décider à arrêter irrévocablement son plan ; il se retire aprèsavoir témoigné au ministre « quil ne pourrait jamais se décider à se lier les mains, et que, pour se rendre plus digne delhonneur que Sa Majesté lui destinait, il voulait se conserver le pouvoir de toujours mieux faire ».

Dans cette occasion exceptionnelle, et faite, en vérité, pour tenter même les plus timorés, Mansart , on le voit, faitpreuve dune conscience exagérée : cest du moins notre opinion. Dans toute sa carrière, et dans quelque travail quilentreprît, Mansart se montra le même. Ainsi, lorsquil eut à compléter lhôtel de Carnavalet , au lieu de substituer sapersonnalité à celle de ses prédécesseurs, il prit soin de seffacer devant leur œuvre, et la respecta autant quil fut possible.Ce dernier fait est vraiment digne déloges ; et il faut croire que les architectes du xvn® siècle ne procédaieut pas toujoursainsi, car. du vivant même de Mansart , il excita létonnement général. « En voyant cet ouvrage, dit Félibien , on ne saitlequel estimer le plus, ou de lart dont il sest servi pour conserver, comme il la fait, ce quil y a de beau dans le portail,ou la science avec laquelle il a rebâti le devant de cet hôtel. »

Mansart , cependant, malgré son beau caractère et sa grande conscience artistique, ne fut pas complètement à labri descritiques et même des calomnies. Il travaillait pour le cardinal Mazarin ; il nen fallait pas davantage pour être attaqué parles esprits frondeurs du temps. Mais ces outrages, car les choses allèrent fort loin, sont de ceux qui ne manquentjamais datteindre tout homme qui parvient à dépasser les autres. Le célèbre architecte eut, du reste, Je bon esprit de senpréoccuper médiocrement. Il mourut en 1668, âgé de soixante-huit ans, et possesseur, malgré tout, dune fort belle for-tune. Il navait point denfants ; ses deux neveux furent ses héritiers, à la condition quils joindraient son nom au leur.Nul nignore que, sous le nom de Mansart , Jules Hardouin devint un architecte célèbre aussi.

Parmi les édifices élevés par les soins de François Mansart , on doit citer : les châteaux de Berny ; de Balleroi, près deBaycux ; de Gèvres, de Fresnes ;une partie de celui de Choisy, démoli depuis peu ; léglise des Filles Sainte-Marie, rueS'iint-Antoine, à Paris ; lhôtel de Toulouse ; le portail de léglise des Feuillantines, et la réparation du château de Blois .Mais, de tous ces édifices dus au génie de Mansart , aucun ne lui fit plus dhonneur que le château de Maisons, dont nousmontrons aujourdhui les dessins.

It.

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