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PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.
de Hessin, dans son Dictionnaire de France , dit que c’était, « un magnifique bâtimentavec un avant-corps formé de six colonnes et terminé dans le milieu par une rotonde :le tout orné de pilastres doriques et de trophées. » D’Àrgenville (1) complète cet aperçuen nous apprenant que le bâtiment avait onze croisées de face, et qu’il se terminait pardeux pavillons à pans, avec des portes grillées, ornées de trophées et de consoles. Lemilieu, ajoute-t-il, forme un avant-corps de six colonnes qui portent autant de vases,et se trouve surmonté d’un attique avec une lanterne où est l’horloge. Dans le centrede cet avant-corps, quatre pilastres composites font une rotonde couronnée d’un frontonet accompagnée d’une coquille et de trophées. On a sculpté des chiens sur le rétable dela principale croisée. L T n trophée soutenu par des lions et trois chevaux à mi-corpsfont le couronnement de la fenêtre du milieu du rez-de-chaussée.
Tels sont les beaux détails dont nous a privés pour toujours le vandalisme deM. Laffitte.
Une chose, cependant, put échapper à ses ravages : c’est la grotte de rocailles quifaisait l’office d’abreuvoir. Elle est composée de cailloux et de ciment, avec un revête-ment de coquillages appliqués à l’intérieur. On y admire un rendu de dessins quiétonne véritablement, quand on songe que les contours, la couleur, les reflets, sontobtenus au moyen de coquilles de diverses grosseurs, ajustées comme les petits cubesde pierre d’une mosaïque. Il va sans dire que rornementation a été choisie de façon à setrouver en harmonie avec la destination delà grotte. Les motifs de décoration sont, dedistance en distance, des têtes de cheval, puis des tritons et des naïades soufflant avecvigueur dans d’énormes conques marines. De ces conques s’échappaient vraisemblable-ment des jets d’eau qui retombaient dans l’abreuvoir. Toutes ces figures se détachentsur un fond de coquilles dont les arabesques de nuances variées s'encadrent dans deslignes d’architecture formées, comme tout le reste, par des coquillages (2).
Sur la droite, en F, se voit un bâtiment sans intérêt, destiné à loger les jardiniers.Au détour du parterre, l’œil suit la déclivité du terrain, semé de bouquets de boisjusqu’à la Seine , au delà de laquelle une immense plaine se prolonge encore ; quelquesrustiques clochers y pointent au milieu de leur village, et viennent animer, égayer, cepoint, de vue admirablement ménagé. Du côté opposé, et tout près du château, se dessinel’église paroissiale de Maisons, dont l’aspect est des plus humbles.
Nous voici enfin devant le château, dont la masse imposante se découpe sur le ciel.Ici on admire. D’abord l’édifice est merveilleusement conservé : on croirait volontiers,n’était cet air de grandeur auquel ne nous habituent guère nos constructions modernes,qu’il date de nos jours, qu’il vient d’être achevé; partout la pierre est intacte et d’une
(1) Voyage pittoresque des environs de Paris .
(2) Voyez, à ce sujet, dans les Palais et châteaux de France, la monographie du château de Wideville .Seine-et-Oise ^ oùune grotte analogue à celle de Maisons existe à l’entrée du parc, en face même du château. Cet édicule est encore assezbien conservé, et nous a paru de beaucoup supérieur à celui dont les restes se voient à Maisons. Il paraît que l’inventeurde ces sortes de travaux était un Italien nommé Francini, amené de Florence par Marie de Médicis : aussi le véritablemodèle de toutes ces décorations de coquillages est assurément la grotte du château détruit de Saint-Germain en Lave,construit par Henri IV . On peut voir encore la grotte en question dans l’unique pavillon conservé aujourd’hui.