64 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.
En 1625, ce magnifique hôtel sortit de la famille de Montescot, et fat acquis parles religieuses ursulines de Saumur . Claude était mort, et avait laissé deux fils dontl’aîné eut pour sa part, entre autres domaines, la maison bâtie par son père. Mais lasuccession était obérée ; il fallait solder les emprunts du trésorier aux parties casuelles,emprunts contractés pour satisfaire aux obligations de sa place : ils s’élevaient, paraît-il,à la somme de 126 000 livres, somme importante à cette époque.
Pour être à meme de faire honneur à ses engagements, l’aîné des Montescot fitargent de son héritage; aussi en 1625, au prix de 22 000 livres, il céda aux ursulinesla maison paternelle. Avoir acheté n’était pas alors un motif suffisant pour s'y établir, dumoins de la part des religieuses. Nous avertissons nos lecteurs qu’en écrivant ces pagesnous ne faisons aucune allusion aux faits contemporains. Nous nous renfermons dansles temps passés, et dans cette monographie d’un hôtel situé à Chartres , nous ne songeonsen aucune façon à ce qui peut avoir lieu ou à Paris ou dans les villes de province : on leverra du reste en lisant ce récit. Nous l’empruntons tout entier à M. Lecoq, dont laplume érudite et abondante en détails a su répandre sur ces faits déjà anciens un charmede naïveté qui n’est pas sans intérêt.
« Le mandataire des ursulines, connaissant l’état de gêne de Jacques de Montescot, etson intention de se défaire de son hôtel de Chartres, se transporta à Paris , ou, après êtretombé d’accord sur le prix, fut passé le 6 octobre 1625, par-devant MM es Haultde Sent et Blossé, notaires au châtelet, un acte qui constate la vente faite de l’hôtel deMontescot « à mère et sœur Marguerite de Berty, supérieure ; Barbe Baudou, prefette ;et Ursule de Sainct-Tourans, maistresse des novices religieuses de Saincte-Ursule, aucouvent estably en la ville de Saumur , absentes, mais représentées par M. Breuyllet,de ung hostel et maison assis en ladicte ville de Chartres , ainsi qu’elle se poursuitet comporte, jardin, etc., etc., ensemble une maison et basse court assize proche etjoignant le dict hostel, dedans laquelle maison sont les escuries. Le tout situé en la ruede la Fromagerie.
» Ces acquisitions avaient été faites contre le gré de l’opinion publique, qui voyaitau commencement du xvn e siècle les couvents se multiplier d’une manière inquiétantepour les charges de la cité. Elle se refusait à recevoir dans la ville une nouvelle commu-nauté que l’on désignait comme ne possédant aucuns revenus. Enfin, le 26 mars 1626,M. Breuyllet, au nom des ursulines de Saumur , prit possession de l’hôtel en présencede notaire et témoins. L’acte constate « que la porte lui a été ouverte par honnestefemme Anne Ilamouin, femme d’honneste personne Pierre Ilacquin, archer du vis-baillyde Chartres , concierge et gardien dudit hôtel. Ayant librement entré et sorty, ouvert etfermé la dicte grande porte et les autres huis et fenestres des dictes salles, basses-chambres,garde-robes, cabinets et greniers de l'écurye, ouvert la grande porte de devant, cellede derrière et autres huis et fenestres, jecté, cnilIy et arraché des pierres et herbes dujardin y nuisibles, et faict au surplus tous les aultres actes de pocession ».
» Le 16 avril suivant, les religieuses ayant intention de venir se fixer à Chartres ,sous peu de temps, firent dénoncer à M. de Montescot qu'il eut à leur faire déclaration