DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.
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d’hypothèques, et à vider les chambres et autres lieux de tous les objets qui pouvaientlui appartenir.
» Il paraît qu’au moment où leurs mandataires voulaient occuper l'iiôtel et procéderaux préparatifs pour l’installation des ursulines, des ouvriers enlevaient les lambris,les serrures, les vitraux. Les ursulines protestèrent et se refusèrent au payement desintérêts des sommes dues pour achat, jusqu’au parfait rétablissement ou évaluationdes choses enlevées. Nous ignorons quel fut le résultat de cette démarche ; mais il estcertain qu’on ne trouve en cet hôtel aucune des boiseries et autres objets pouvant donnerune juste idée du confortable et de la riche décoration intérieure qui devaient exister dansun logis de cette époque. Exceptons cependant les poutres et solives qui conserventencore sous plusieurs couches de badigeon de jolis motifs fïeuronnés. On les a misà découvert dans quelques parties du bâtiment du fond.
» Si les religieuses ursulines activaient leur installation, d’autre part une sourdefermentation existait contre ce projet, lorsque, le 12 mai suivant, les sieurs Thoret etLehouie, chanoines et échevins, vinrent à la chambre de ville, où ce dernier exposa qu’ilétait chargé, de la part du chapitre de Chartres , de leur dénoncer que les religieusesursulines qui ont acheté la maison de M. de Montescot en ont pris possession, et désirents’y établir dans peu de jours ; même que l’on croit qn’elles y arriveront dans deux outrois jours, ce qui serait préjudiciable à la ville, pour le nombre de religieux ecclé-siastiques qui y sont, et autres raisons qu’il a amplement représentées. Pourquoi lechapitre entend s’opposer et se joindre avec la ville en ladite opposition. Sur quoi,l’affaire délibérée, leur a été dit qu’il y a eu ci-devant ordonnance, par laquelle la villea résolu de ne souffrir aucun établissement nouveau de religions ni communautésecclésiastiques en cette ville ; étant députés vers l’évêque les sieurs Guéau et Édeline,échevins, pour lui faire entendre l’intérêt de la ville.
» Puis, dans une assemblée générale des paroisses, qui eut lieu le 9 juin suivant,assemblée où messieurs du clergé furent défaillants, on autorise les échevins d’empêcherl’établissement des ursulines et de toutes autres religions, soit d’hommes ou de femmes,en la Ville, attendu la multitude d’ecclésiastiques qui y sont et qu’il est impossible desupporter, et le 12 juin un sergent royal eut ordre de signifier aux ursulines cetteopposition.
» En juillet, sur la remontrance qui fut faite que les religieuses poursuivaient toujoursleur projet d’installation, il fut déclaré qu’elles avaient obtenu du roi des lettres patentesdonnées au mois de juin précédent, les autorisant à s’établir à Chartres . Le corps deville persista à faire mettre à exécution la délibération du 9 juin dernier. Enfin, le28 septembre, les échevins comprirent que la partie était perdue, par la défaillanceactuelle du clergé, qui cependant, avait été le premier moteur de cette affaire. Il faut dire,pour être complet, que le chapitre de Chartres avait reçu secrètement une lettre auto-graphe de Marie de Médicis datée du 50 mai 1626, qui invitait avec instance les chanoinesà accepter et tolérer les ursulines. Aussi fut-il résumé qu’il était assez difficile de ne pas
se soumettre à la volonté royale, et l’on passa d’autant plus aisément par-dessus les
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