DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.
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se voit à gauche de l’escalier d’honneur et qui devait servir* de salle des gardes, nousn’aurons plus rien à ajouter. Ce n’est donc pas dans ce plan, simplement et sagementconçu, il est vrai, mais devenu pour ainsi dire classique par son fréquent emploi, quel’on doit chercher les qualités qui ont pu désigner le vieil hôtel provincial à notre choix.Sa décoration sobre et bien entendue, sa structure générale bien accusée et enfin legrand air seigneurial qu’il a su conserver malgré ses changements de destination, nousont avant tout inspiré le désir* de le faire figurer dans notre recueil.
Quand on s’engage dans l’étroite rue où se trouve l’hôtel de Montescot, on est frappé,en effet, de son aspect imposant, de sa belle ordonnance et aussi de la sobriété de bongoût dont il fait preuve. Rien de superflu ne se voit dans la décoration de ces façadesoù la brique joue un rôle si important, où les lignes, franchement accusées, ontconservé toute leur importance. Les maisons qui avoisinent le logis des Montescotpeuvent bien, à la vérité, contribuer par leur banalité, par leur mesquinerie, à luiconserver le grand air d’un autre siècle qui est une de ses qualités principales ; cetteréflexion sera faite assurément par tout visiteur qui n’est pas du métier, mais pour levisiteur artiste, pour l’architecte qui voit souvent dans un édifice autre chose que sonaspect général, il saura promptement reconnaître dans cette imposante construction dutemps de Henri IV . et sans procéder par comparaison, un édifice de race et à touségards vraiment intéressant.
Malgré le peu de recul offert par la rue où se dresse la façade extérieure de l’hôtel,examinons-la cependant du dehors avec le soin qu’elle réclame. Un détail attire surtoutet avant tout le regard : c’est la porte principale de l’hôtel dont l’aspect est monumentalet au sommet de laquelle se lit, dans un riche cartouche, le blason des Montescot. Danstoute cette porte, véritable arc triomphal, la pierre de taille n’est pas seule à jouer unrôle; la brique vient aussi, par sa couleur tranchée et vivace, enrichir singulièrementce portique majestueux mais simple dans ses lignes. Du reste, nous l’avons dit plushaut, la brique ne se voit pas seulement dans cette partie de l'hôtel, mais dans laconstruction tout entière ; elle n’est pas employée seulement comme remplissage ; elleest l’élément principal de l’édifice ; elle se trouve appliquée meme dans la partiedécorative où son usage est en général peu fréquent. Aussi ne craignons-nous pas dedire que sans cet emploi considérable de la brique, et comme construction et commedécoration, les belles façades dont nous proclamons la beauté, auraient pu présenter unpeu de froideur et un peu de sécheresse. Mais l’architecte de l’hôtel, en artiste habile,en homme de goût, n’a eu garde de se priver de l’emploi de matériaux d’un usageassez fréquent au xvn e siècle. Dans tout l’édifice que nous décrivons, on voit donc labrique se mêler à la pierre de taille et y jouer même, ainsi que nous l’avons dit plushaut, le rôle principal. Dans la porte d'entrée, cependant, la pierre règne encore ensouveraine absolue, et c’était chose nécessaire : comment donner sans elle à cette portel’aspect de puissance et de solidité dont elle est si fortement empreinte? L’emploi de labrique est donc ici purement décoratif et ne sert qu’à enrichir, à colorer harmonieuse-ment cette partie centrale de la façade.
U.
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