68 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.
l’aile droite, la salle des mariages et les bureaux ; dans celle de gauche, à la place de lacuisine, un corps de garde et le logement du concierge ; tout le premier étage était occupépar les bureaux des contributions, du cadastre, le logement du secrétaire de la mairie, unmagasin d’armes et les archives. L’horloge provenant de l’hôtel des Consuls (tribunal decommerce) fut installé sur les combles ayant son cadran sur la cour.
» Pour donner à l’édifice municipal un aspect en rapport avec le régime de l’époque,le bureau de la commune fit la proposition suivante : « De transformer l’écusson qui resteau-dessus de la porte principale en un faisceau d'armes surmonté du bonnet de la liberté ;d’abattre les deux rotules qui gâtent la lisse et de continuer les pilastres ; de mettreau-dessous, sur des tables de marbre, les inscriptions suivantes : République Française ,publicité, maison commune, responsabilité, unité, indivisibilité ; de placer dans la cour,au-dessus des trois portes, dans les niches où étaient les bustes détruits (Henri IY,Louis XIII et Marie de Médicis ), trois autres bustes en plâtre et bronzés, savoir, BrutiisDampierre et Lepelletier Saint-Fargeau. »
» La proposition fut adoptée, mais, grâce aux événements politiques, aucun de ceschangements n’eut lieu. Le fronton du portail a été respecté ainsi que les inscriptionsdes protecteurs de la famille Montescot.
» Nous avons dit que la municipalité avait seulement loué notre édifice. Ce régimeincertain dura pendant tout l’Empire et sous la Restauration jusqu’en 1833. Alors on seprononça pour un régime moins précaire et le corps municipal voulut être propriétairede son hôtel de ville moyennant la somme de 36 000 francs ; il fut acheté le 19 jan-vier 1824.
» Depuis cette époque, on créa dans la partie gauche du bâtiment du fond, auxdépens du premier étage et des combles, une grande salle pour le Musée fondé en 1834,à laquelle on adjoignit deux pièces du pavillon de gauche. Enfin, les façades extérieuressur la rue et sur la cour furent restaurées en 1857 et le jardin disposé à la française,c’est-à-dire en parterres, fut transformé en jardin anglais. »
II
Le plan de l’hôtel de Montescot est, à peu de chose près, celui de tous les hôtels élevésau commencement du xvn e siècle dans les villes de province : une cour carrée, entouréede trois corps de logis et fermée d’un côté par un mur souvent très-élevé dans lequels’ouvre la porte principale ; voilà la disposition, le cadre généralement adopté et duquelne diffère en rien le plan de l’hôtel que nous décrivons. Un grand nombre des châteauxde cette époque sont construits sur des données absolument semblables et présentent lesmêmes dispositions. Une description du plan que nous avons sous les yeux deviendraitdonc à peu près inutile ; et quand nous aurons dit que dans le corps de logis principal sevoit le grand escalier d’honneur de l’hôtel et dans Faile droite l’escalier de service ;quand nous aurons signalé, non loin de ce dernier, dans l’ancienne salle de cuisine proba-blement, l’existence d'un puits ; quand nous aurons fait remarquer la grande pièce qui