DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.
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I aspect d’une forteresse, Henri voulut avoir une demeure plus moderne. Un de ses pré-décesseurs, Henri II , avait fait commencer des constructions à l’extrémité supérieure dela colline, au bord même de la Seine , situation bien préférable à celle de l’ancien châteaud’où la vue n’était pas à beaucoup près aussi belle. Mais ces constructions ne furentprobablement pas continuées, car le château bâti par Henri IV , quoique dans la mêmeposition, fut élevé sur un plan différent. Il s’étendait parallèlement à la Seine sur unplateau, dont le niveau, au-dessus du fleuve, se trouvait au moins à 65 mètres, et surlequel on arrivait par des rampes et des escaliers à plusieurs étages ménagés dans unesérie de jardins prolongés jusqu’auprès des berges. (Voy. fig. 3 les plans d’ensemble duchâteau neuf et de l’ancien château à l’échelle de 0 m , 015 pour 100 mètres) (1). Letout était soutenu par des maçonneries fort coûteuses. On peut définir d’un mot cetensemble de constructions : c’était une suite de terrasses soutenues par des arcades ; etau-dessus, bien haut, offrant un coup d’œil admirable pour les spectateurs placés au borddu fleuve, ou au loin, dans les bois du Vésinet, se dressait la façade du château avec sesquatre pavillons, deux au milieu, deux aux extrémités reliées par des galeries dont lesbaies en arcade formaient un tout harmonieux avec les baies cintrées qui supportaientles terrasses. (Voy. fig. 4 l’ensemble de la façade du château neuf, réduite d’après la gra-vure de Sylvestre.)
L’entrée était du côté du vieux château, dont elle se trouvait séparée par une pelousede 400 mètres que traversait une chaussée pavée. Les appartements donnaient sur laSeine : douze colonnes d’ordre toscan ornaient la porte principale surmontée des armesde France et de Navarre avec cette devise : « Deo protegit unus. » La grande cour deforme hexagonale était flanquée de deux autres cours. Dans le château proprement ditse voyaient, à droite, les appartements de la reine ; à gauche, ceux du roi ; aux deuxextrémités régnaient des galeries décorées de peintures.
L’architecte Marchand construisit le château neuf de Saint-Germain ; le FlorentinFrancini, ingénieur appelé d’Italie par Henri IV et Marie de Médicis , avait fait lesornements placés sous les terrasses. Ces ornements étaient fort curieux, à en juger parles descriptions des contemporains. Voici celle d’André Duchesne , qui publia, vers 1610,des recherches sur les villes et châteaux de France .
« L’escalier, qui est à l’entrée, où sont gravées les images d’IIercule et d’un lion, lesfontaines, les petits ruisseaux frais et argentins qui coulent au fond des petits vallons pourrafraîchir les plantes et les fleurs des parterres et compartiments des jardins y sont admi-rables, mais, sur tout cela, les grottes. . 1 .
» Les anciens avaient ignoré l'industrie de faire eslever et remonter les eaux plushaut que leur source, et nous et les nôtres fussions demeurés dans cette ignorance sansl’ingénieuse et hardie invention de Claude de Maconnis, président des finances en la
(1) Ce plan général des deux châteaux est réduit d’après le grand plan topographique d’Israël Sylvestre . Les toises, parexemple, ont dû être traduites en mètres. En A est le vieux château, et en B, le château neuf de Henri IV .
Nous devons la réduction de ce plan à l’obligeance de M. Millet, ainsi que la plupart des dessins qui composent cettemonographie. La précieuse collaboration de l’architecte même de Saint-Germain doit être pour le lecteur une garantie deplus de fidélité et d’exactitude.