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Tome deuxième.
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82 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS

c' Après la mort dudit roi François vint à régner Henri deuxième, son fils, lequel pareil-lement aima le lieu. Ainsi, ce roi, pour l’amplifier de beautés et de commodités, fist com-mencer un édifice joignant la rivière de Seine avec une terrasse qui a son regard surladite rivière et le château. »

Henri II était né à Saint-Germain, le 31 mars 1518 ; Madeleine de France y naquiten 1520 ; Charles III, duc d’Orléans, le 22 janvier 1522 ; Marguerite de France , duchessede Savoie, le 5 juin 1523. Ajoutons, pour ne rien omettre, que François I er , alors ducd’Angoulême, y avait épousé Madame Claude de France, fille de Louis XII , et qu’enl’année 1527, Henri d’Albret, roi de Navarre, y épousa Marguerite de Valois , sœur deFrançois I er .

Après cette nomenclature de naissances et de mariages princiers, nous mentionneronspour mémoire un des événements les plus connus du règne de Henri II , arrivé à Saint-Germain, le duel de Jarnac et de la Châtaigneraie, en ajoutant deux particularitéscommunément ignorées. D’abord ce fameux coup de Jarnac, passé en locution prover-biale, n’est pas du tout, comme on se le figure généralement, un coup de traître, mais uncoup loyal usité à cette époque ; il consistait à frapper son adversaire au nerf du jarretpour le réduire à l’immobilité, chose essentielle à un moment où l’art de l’escrime con-sistait en grande partie en voltiges et en bonds vigoureux. La seconde particularité estcelle-ci : celui qui était provoqué en duel avait le droit formellement établi par l’édit de1307 d’exiger de son adversaire la présentation de toutes les armes dont la fantaisie luipassait par la tête, et cela en nombre illimité. O lui imposait ainsi des dépenses incal-culables pour chevaux, harnais de guerre, armes à pied et à cheval. Même au momentdu combat, le provoqué pouvait changer sa liste. Cela avait lieu afin de dérouter etgêner un adversaire qui, ignorant les armes dont on ferait usage en champ clos, n’auraitpas eu le temps d’étudier la manière de s’en servir.

Après ces courts détails, nous omettons les règnes de François II, Charles IX etHenri III , absolument nuis au point de vue qui nous occupe, et nous nous hâtons d’arri-ver à Henri IV dont le goût pour les arts a eu la plus grande influence sur les destinéesde Saint-Germain.

IV

Pour le commun des lecteurs, Henri IV est un roi batailleur représenté sur un chevaldé guerre, l’armure à la poitrine et l’épée à la main. Voilà le Henri IV de l’imaginationpopulaire. Il fut bien autre chose. Au point de vue qui nous occupe, il comprit lesdevoirs d’un souverain et il favorisa largement les arts de la paix. Son nom et celui deFontainebleau sont liés étroitement, La chapelle de la Trinité, la porte Dauphine et leportique de la cour des Fontaines ont été bâtis sous son règne. Il eut le premier l’idéeque nous avons vu réaliser de nos jours, de réunir le palais du Louvre à celui des Tui-leries ; il commença enfin les vastes constructions qui entourent la Place-Fioyale. Mais cequi surtout recommande ce monarque à l’attention des savants et des artistes, c’est lebeau château neuf qu’il fit élever à Saint-Germain. Le vieux château de François I er offrait