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Tome deuxième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.

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Charles Y : le donjon , ancien indice de la puissance, a été religieusement conservé ; lachapelle de Saint-Louis a été également respectée : on ne pouvait, malgré le goût nou-veau, méconnaître les beautés hors ligne de cette dernière construction. Le soin que l’onprit, tout en la reliant aux nouvelles constructions, de la dégager des bâtiments, montreassez l’importance qu’on y attachait comme œuvre d’art ; et ne peut-on pas en réalitésupposer que la position déterminée de la chapelle existante, et le désir de conserver lacroisée centrale, a été une des causes de la grande irrégularité que l’on remarque dansle plan général du château (1) ?

En 1862, les travaux de restauration ont été commencés par l’angle nord-ouest ; depuiscette époque, ils se poursuivent activement vers l’est, de façon à faire successivement letour du château, et finir par la grande salle des fêtes, sur la façade occidentale. L’anglenord-ouest, on se le rappelle, était autrefois formé par l’ancien donjon de Charles Y. Lapremière opération consistait donc à dégager cet angle en démolissant un des pavillonsajoutés par Mansart, pavillon qui masquait complètement la construction primitive.Ces additions regrettables à tous égards, qui étaient venues changer l’aspect, dérangerl’harmonie de la royale demeure, sont loin de présenter le caractère monumental desparties plus anciennes; l’architecte Jules Hardouin Mansart a dû se borner à donnerl’ordre de reproduit* tant bien que mal l’architecture du xvi e siècle ; de plus, les con-structions ajoutées par lui n’ont jamais été complètement achevées. Il est des étagesentiers, nous l’avons dit, qui manquent d’escaliers, et dans lesquels on ne parvient quepar des espèces d’échelles de bois. Souvent aussi les murs en élévation ne sont que desplacages simulant de fausses baies, ou bien alors les croisées du xvn e siècle se trouventdans la hauteur des reins des voûtes, et ne permettent pas l’établissement des carrelagesdes pièces éclairées par ces croisées, toutes choses déplorables, on le voit, et qui neferont regretter à personne la disparition de ces tristes pavillons.

Les premiers ouvrages ont mis à découvert bon nombre de fragments intéressants decette partie de la construction militaire. Sur la face sud de cette tour, notamment, on aretrouvé, en détruisant des masures qui l’encombraient, la corniche ancienne, les créneauxet une souche de cheminée du xiv e siècle, dont nous présentons les détails dans le croquisci-joint (fig. 6). On a constaté aussi la situation des bandeaux donnant la place des plan-chers des divers étages. On a retrouvé le point de départ de l’escalier qui conduisaità un étage supérieur, crénelé comme l’étage principal. Rien alors ne devenait si facileque de restituer par la pensée la disposition de l’angle nord-ouest du château de Charles Y,la position des bâtiments adjacents étant indiquée d’une manière certaine par lesanciennes caves qui existent encore (voy. fig. 7). M. Eug. Millet a bien voulu nouscommuniquer le croquis (fig. 8), qui fera saisir d’un simple regard cette restitution. Maisce donjon, bien que laissé debout, avait été grandement modifié sous François I er : dans larestauration actuelle, l’architecte devait donc forcément tenir compte des changementsopérés jadis pour le mettre en harmonie avec les constructions du xvi e siècle. C’est donc

(I) Voyez les planches I et II donnant les plans du rez-de-chaussée et du premier étage du château, restaurés et dégagésdes pavillons saillants ajoutés sous Louis XIV .

il.

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