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Tome deuxième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE

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s’arrêter les bâtiments. Les voûtes de cet étage portaient autrefois, comme nous l’avonsdéjà dit, un dallage de pierre qui couvrait tout le château. Cette couverture, on le pensebien, pesait d’un poids énorme sur les voûtes ; aussi, même au xvi e siècle, lorsque l’onconstruisait l’édifice royal, fut-on obligé d’en maintenir la poussée par des tirants de ferplacés au droit des arcs-doubleaux. — Du Cerceau mentionne le fait (1). Malgré ces tristesprécautions et les robustes éperons qui contre-butent la construction du côté de la cour,les murs se sont déjetés et ont motivé la suppression du dallage, remplacé presque par-tout par de mauvais toits de tuile, visibles à l’extérieur. Ces combles disparaîtront sansdoute à mesure de l’avancement des travaux ; les terrasses seront certainement aussirétablies, mais non pas, nous en avons l’espoir, comme celles qui ont été jusqu’à ce jourune cause de ruine pour le château : le métal pouvait, dans ce cas, remplir le mêmeoffice que la pierre, sans en avoir tous les inconvénients. Un large chéneau conserveradonc une circulation sur ces terrasses historiques d’où l’on embrasse de tous côtés unevue si admirable. C’est sur ces terrasses que l’on rencontre en très-grand nombre dessouches de cheminées de briques ornées de l’initial de François I er . La planche VIIIdonne le plan et l’élévation d’une de ces cheminées ; la figure 15, dans le texte, enmontre une seconde qui présente une autre disposition.

Peut-être sera-t-on tenté de nous reprocher d’avoir un peu trop développé notre revuesur les travaux exécutés jusqu’à ce jour. Nous avons cru ce développement nécessaireparce que nos gravures représentent pour la plupart le château de Saint-Germain aprèssa restauration, et qu’il eût été difficile sans cela de se faire une idée exacte du travailde l’architecte. En revanche, nous allons seulement indiquer ce qui reste à faire pourterminer la restauration complète du monument.

L’extrémité de la grande façade nord vient d’être attaquée ; et prochainement nousespérons bien voir cet angle montrer la tourelle qui s’y trouvait au xvf siècle, tourelleindiquée dans toutes les gravures postérieures à cette époque. Successivement viendrontsans doute les façades qui font suite. Sur la face méridionale, on doit rétablir une poternequi existait près de la chapelle ; après quoi, on passera enfin à la chapelle même, lemorceau capital du château de Saint-Germain , la partie la plus ancienne, et aussi, à notreavis, la plus précieuse.

Nous ne sommes pas seul à admirer ce pur joyaux des belles années du xm e siècle, quijoue un rôle si important dans la construction et dans l’histoire du vieil édifice royal.M. E. Viollet-le-Duc, dans son Dictionnaire raisonné d'architecture française , consacre

' (1) N’est-il pas surprenant de rencontrer dans un édifice de l'importance de Saint-Germain un procédé qui trahit uneréelle inexpérience de l’art, et qui serait un fait exceptionnel en France , où, de tout temps, nos architectes ont su construireles voûtes et les élever à une très-grande hauteur sans le secours de la ferraille ? Quel que soit l’auteur du château deSaint-Germain en Laye, nous ne résistons pas au désir de citer ici, à l’appui de notre assertion, un passage de Félibien ,où, après avoir rendu justice au grand savoir de Philibert de Lorrae, il ajoute : « Aussi n’ignoroit-il rien (Philibert deLorme). de toutes les choses qu’un véritable architecte doit sçavoir. Et si nous considérons ce que Serlio a fait à Fontaine-bleau , dans la cour de l’Oval, et au vieux château de Saint-Germain en Lat/e, nous pourrons faire avoüer que les Italiensn’étoient pas plus sçavans que les François ; car c’étoit en ce temps-là que la belle architecture comrncnçoit à paroitre denouveau, et de Lorme a été le premier des François qui lui a ôté son habit gottique, s’il faut ainsi dire, et qui nous l’a faitvoir vêtue à la grecque et à la romaine. » (Félibien, tome II, page 57.)

II.

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