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TABLEAU DU P R O G R È S
fini ne le disputent qu’au génie de la composition Sc à Part de rendre lesobjets toujours nouveaux Sc agréables. La plupart des tables des Souverainsde PEurope sont ornées de leurs chefs-d’œuvre, & manifestent juíqu’à quelpoint ils ont poulie cette partie de Pindustrie Françoise.
ils ont trouvé le moyen de dorer f argent d’une manière supérieure àtoutes celles qui íont connues, laquelle imite Por avec une telle perfection,qu a la seule vue on ne fçauroit distinguer les pièces «Por d’avec celles qu ilsont dorées. Leur dorure supplique sor Pargent de Paris, au lieu que la dorurede Strasbourg n’apu Rappliquer jusqu à présent que fur de Pargent à bas titre.
En 1756, on introduisit un changement très-considérable dans la manièrede travailler les ouvrages d’orfèvrerie. La méthode usitée , lorsque lespièces dargenterie n’étoient pas rondes, & qu on y vouloit des filets ou desmoulures fur leurs arrêtes, étoit de les faire de deux parties; Sc d’ajouter aprèscoup à la pièce d’argent, préparée au marteau , plat ou assiette, &c. > unebordure fondue Sc moulée qu on y joignoit en la soudant ; ce qui étoit sujetà toutes sortes d’inconvéniens. La vaisselle étoit moins pure Sc moins solide -de plus , les bordures fondues n’étant point toujours portées à la marqueordonnée pour la police de Porfévrerie > se trou voient aísez souvent d’untitre inférieur à celui de la pièce : ensin, la soudure occasionnent du verd-de-gris. M. Balzac, orfèvre de Paris, trouva le moyen de travailler lesbordures Sc les fìlets , quelque forme qu’ait la pièce , fur la pièce même, àl’aide d un tour qu’il inventa. Il fixe le plateau d’argent, préparé au marteauà Pordínaire , sor une platine perpendiculaire à i’arbre du tour , Sc il le contientpar une rosette, dont la figure règle Sc détermine celle qu'on veut donner à labordure de la pièce, quelle que soit sa forme (a).
Cette invention ingénieuse a contribué beaucoup au progrès de notreorfèvrerie. Il en résulte , non - feulement une grande promptitude dans1 opération, mais encore une grande perfection dans Pouvrage.
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article IV.
JL Jíu o
li y a apparence que la méthode dont on se servok le siècle dernier pourfondre les statues équestres colossales d’un seul jet, n’étoit rien moins qu’infail-iibîe. Le dessous du ventre du cheval de la statue équestre de Louis XIV,à Paris, avoit manqué à la fonte: on fut obligé de rétablir ensoite cettepartie, Sc d’ajouter plusieurs pièces en différens endroits de ce monument.Loríqu’on voulut se servir, il y a une vingtaine d’années, de ce procédé
(a) Extrait des regîtres de l’acadétnie des Sciences, 2S mat 1776.
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