?o TABLEAU DU PROGRES
f examen des angles correípondans des montagnes , qu aucune autre cauíèque les courans de ia mer, n*a pu former : 1°. de Légalité de la hauteur desmontagnes opposées, Sc. des lits des différentes matières qu’on y trouve à lamême hauteur : 3 0 . de la direction des montagnes , dont les chaîness’étendent en longueur dans le même sens , comme on voit s’étendre lesondes de la mer. Enfin, ce qui confirme ce íystême , c’est une remarqueque M» de Buffon a faite , que le mouvement principal des eaux de lamer à gagné íùr les côtes orientales, tant de l’ancien que du nouveau con-tinent, une espace d’environ cinq cent lieues. Rien ne fçauroit mieux persuaderque les eaux minent insensiblement, Sc parcourent à la longue toute la super-ficie de notre globe.
Ce íystême explique naturellement tous les chartgemens qui íont arri~vés à notre globe, tous les effets de la nature, la formation des istes, desvolcans, des tremblemens de terre. Après cette théorie, on trouve dans cetouvrage la description de foetus monstrueux, des organes de l’homme, desVariétés dans l’eípèce humaine; enfin, on y voit l’histoire des quadrupèdes,des oiseaux, des insectes, des poissons Sc autres productions naturelles, queson fait connoître par tous leurs rapports, leurs conformations Sc les détailsde leur anatomie. Il n’y a encore eu fur fhistoire naturelle aucun livréaussi bien traité, aussi important, Sc plus capable de faire honneur à nosíçavans.
La Physique expérimentale, par le nombre de íès découvertes, ne le cèdeen rien à l’histoire naturelle. La fluidité des corps, l’origine des vents & desfontaines, les propriétés de la lumière, la formation physique des météoresaqueux, les cauíès de f électricité, celles de la glace Sc du froid, font dûsLux recherches Sc aux expériences de nos physiciens.
M. de Mairan,qui nous a donné un Traité hiflorique & physique de l’aurore boréale ,a fait principalement un ouvrage fort curieux fur la glace Sc fur les phénomè-nes qui f accompagnent, tels que les figures que son remarque dans seau gla-cée , quî varient à f infini à qui font souvent fort irréguiières ; l’augmentation duvolume de seau loríqsselle approche de la congeilation , laquelle fait casier lesVases où seau fe trouve, au point qu on a vu un canon de fer épais d’un doigt,rempli d’eau Sc bien fermé pendant une forte gelée, crever en deux endroitsau bout de douze heures ; enfin la dureté de la glace, qui est si grande, qu’onpeut la tailler quelquefois comme de la pierre ( a ).
(«) Dâsls un petit imprimé qui parut, il ya une vingtaine d’années , en Russie , on rap-porte à ce sujet un sait tout à fait extraordinaire.Pendant l’hyver de 1740, on vit à Pétersbourg unpalais qui étoit bâti uniquement de glace : fa lon-
gueur étoit de cinquante-deux pieds fur seize delargeur, & vingt pieds d'élévation : la force de laglace étoit telle, que le pied de l’édifice ne paroif-soit aucunement fatigué par le poids des parties su-périeures. Le Neva, qui étoit près de là, en avoir