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Monumens érigés en France à la gloire de Louis XV / Pierre Patte
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DES ARTS ET DES SCIENCES. 51

M. i’abbé Nclet a plus que personne contribué à l’avancement de la phy-sique , par ses expériences multipliées 3 par ses mémoires particuliers íùr ses dif-férentes parties > &siir-toutpar son Traité de Véleêlrïcìté, dont il démontre si bienles causes.

Pour favoriser de plus en plus Pavancement de cette science, qui a fait desi grands progrès fous ce règne, 8. M. a fondé, en 1753, une chaire de physi-que expérimentale au collège de Navarre, Sc a nommé pour professeur cet aca-démicien , dont la réputation attire un concours prodigieux d’ecoliers ; ce quiprouve combien cette science est cultivée présentement.

De tous les phénomènes de la physique qui ont attiré l’attention du public,il n’y en a jamais eu aucun qui ait fait autant de bruit que l’expérience deLeyde, ou de la commotion ; toute la nation témoigna le plus grand empresse-ment pour en être témoin. La curiosité fut poussée si loin, qu on donna enspectacle dans les foires Us Machines éleâïriques. Cette expérience consiste àtirer d'un globe de verre, suspendu entre deux pivots par le moyen d’uneroueSc d'un coussinet, contre lequel elle appuie légèrement, la vertu électrique,qui n’est qu’une espèce de feu élémentaire. Ce feu se communique ensuite àune frange A à un canon, ou tuyau de fer blanc, suspendu par deux cordons desoie. A l’une de ses extrémités est attaché un sil de laiton, qui descend, à tra-vers d’un bouchon de liège, dans une phiole de verre à moitié pleine d’eau.Alors la personne qui veut faire l’expérience monte fur un gâteau de résine ,ou sur un rézeau de soie : si elle prend d’une main cette phiole , & que del’autre elle vienne à toucher avec le bout du doigt le canon de fer électrisé ,aussitôt elle éprouve une secousse violente, principalement à la jointure desbras Sc à travers la poitrine - qui est quelquefois si forte qu elle en estrenversée.

La même opération se fait avec un grand nombre de personnes qui se tien-nent parla main. En donnant une forte rotation au globe , il arrive que le der-nier de la chaîne, quelque considérable qu’elle soit, avec la jointure du mi-lieu d’un des doitgs de l’autre main, tire une étincelle du conducteur de lavertu électrique, ou fil de métal qui communique dans le globe : & fur lechamp toutes les personnes de la chaîne, depuis le premier juíqu’au dernier,se sentent frappées vivement Sc toutes à la fois dans plusieurs parties du corps.M. l’abbé Nolet est le premier qui ait fait cette expérience en grand avecdeux cent quarante personnes dans la galerie de Versailles en présence du Roi.

fourni les matériaux. On tailloir avec foin les piè-ces de glace qu’on en avoir tirées ; on les embel-lissoit d’ornemens , & on les pofoit ensuite selonles règles de la plus élégante architecture. Mais cequ’il y eut encore de plus admirable, on plaça au-devant du bâtiment six canons de glace, travaillésau tour> avec leurs affûts & leurs roues de méme

matière , ainsi que deux mortiers à bombes toûtsemblables à ceux de fonte. Les canons croientd’un calibre de balles égal à ceux qui portent troislivres de poudre , mais on n'y en metroit que qua-tre onces ; après quoi, on faisoit couler un bouletqui perçoit une planche de deux pouces d’cpaiíTeuía soixante pieds d’éloignement,