INTRODUCTION.
Belgique , et que la Gaule celtique touchait au Rhin par le moyen desHelvétiens et des Séquaniens. César, en parlant du cours du fleuve,place les Séquaniens au-dessous des Helvétiens, et les Médiomatriciensplus bas que les Séquaniens. L’illustre Schœpflin a établi, avec unegrande puissance d’érudition, que la limite de nos départemens séparaitaussi les deux peuples anciens. Les Médiomatriciens étaient belges : sanscela César les aurait nommés parmi les nations qui font arriver les Celtesau Rhin . Il est plus difficile de déterminer d’une manière certaine lafrontière qui distinguait les Rauraques d’avec les Séquaniens. Ptolomée,en accordant Argentouaria aux Rauraques, nous jette dans quelqueembarras ; car il est à peu près reconnu que cette ville celtique était surle lieu où l’on voit aujourd’hui Horbourg : César dit formellement queles Rauraques sont Helvétiens j et, en admettant l’indication de Ptolomée,il n’y aurait plus guères de place entre ceux-ci et les Médiomatricienspour joindre aux rives du Rhin les Séquaniens, qu’y met César, et dontle territoire, selon toute apparence, n’était pas interrompu. On pourraitdire que Ptolomée a été souvent accusé d’inexactitude 5 on ajouterait,qu’il écrivait au fond de l’Égypte et d’après des renseignemens peu sûrs ,*mais dix-sept siècles sont une distance plus grande que celle de l’Égypte au Rhin , et il y aurait de la témérité à trancher la question. Il est possibleque de César à Ptolomée il se soit fait entre les Séquaniens et lesRauraques quelque mouvement intérieur, et que la division territorialequi, sous Constantin , les confondit dans la Maxima Sequanorum , se soitainsi préparée par la nature des choses.
Les établissemens des Germains sont l’un des points les plus impor-tans de notre géographie. Tacite rapporte que d’abord les Gaulois étaientles plus forts , et l’on pourrait admettre que les mouvemens des Ger-mains étaient la réaction amenée par leurs expéditions. César ne voitdans la plupart des Belges que des peuples d’origine germanique. Desconjectures historiques, et même une tradition conservée par nos an-ciennes chroniques, font régner Arioviste sur les deux rives du fleuve :cependant, en parlant des différens des Éduens et des Séquaniens, et dusecours que ceux-ci demandent aux Germains, César fixe à cette époque,qui précède de quatorze ans son arrivée, la domination de ce roi sur larive gauche ; il semble, par conséquent, exclure cette tradition. Lui-même , quoiqu’il prétende avoir chassé tous les Germains, reconnaît,