MONUMENS
Au pied des Vosges , à trois lieues nord-ouest de Colmar, Ribeauvillé fermel’entrée d’une vallée pittoresque qui s’enfonce vers la Lorraine . Les troischâteaux de Ribeaupierre dominent la ville, et se présentent majestueusementaux regards. Le plus élevé semble placé au milieu des deux autres : derrière luiet sur le sommet des montagnes est un pic, que ses noirs sapins ont fait nommerTœnnichel. Là sont les débris d’une longue muraille; ils s’étendent jusqu’au-dessus du val de Lièpvre : aussi Schœpflin et l’abbé Grandidier les ont - ilsfait entrer dans cette immense ligne de défense dont leur imagination garnitla cime des Vosges du Hohnack à Bergzabern . Nous pensons avec moins d’ambi-tion retrouver ici les traces d’une limite celtique. Dans tous les cas, ce murn’a aucun des caractères des constructions romaines; il est sans fondations, sansciment, et rien dans les accessoires n’indique les travaux du grand peuple.
Pour se rendre au château supérieur par un chemin moins escarpé, onmonte d’abord sur les collines qui s élèvent au nord de la ville, et l’on aperçoitnon loin du chemin une roche de forme bizarre. Rarement on se refuse àun léger détour pour l’examiner de plus près. On l’appelle Schhisselsteui ouRoche de la clef, parce qu’une de ses masses est jetée sur les deux pointes lesplus élevées, de manière à présenter la forme d’une clef. Le Schhlsselstem a versle nord plus de 60 pieds de haut; il est presque en entier d’agathe, et, sous cerapport, c’est un des monunflSns les plus intéressans de la nature. Quoiqu’ils’élève sur un territoire druidique, quoique le quartier de roc qui en fait laclef, ait l’air d’être posé sur les aspérités de cette masse sans presque lestoucher, nous n’oserions dire que la main de l’homme y soit pour quelquechose.
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