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FREUDENECK, WANGENBOURG , OBERSTEIGEN.
A une lieue derrière Wasselonne la vallée de la Mossig se resserre de nouveau :les eaux limpides du ruisseau coulent à l’ombre des forêts qui garnissent les flancsdes montagnes, et se brisent contre des rochers couverts de mousse. Ce passageétait jadis défendu par deux fortifications, dont l’établissement paraît remonteraux temps les plus reculés. Sur les hauteurs qu’on laisse à droite, un mur en pierressèches, de huit à dix pieds d’épaisseur et d’environ cent cinquante pas de longueur,décrit un arc, dont le bord escarpé de la montagne forme la corde. Les habitansdonnent à cette fortification grossière le nom de château payen ( Heidenschloss ).Du côté opposé, le sommet d’une montagne appelée Castelberg, présente desrestes plus délabrés de murs du même genre.
Bientôt la vallée, un peu plus ouverte, permet quelques cultures; et l’on aperçoitla maison d’un garde forestier, ainsi que plusieurs autres habitations éparses.
■ L’agrément du site et une grosse pointe de rocher paraissent avoir donné à cecanton le nom de Freudeneck (coin de la joie), que porte aussi un petit châteaudont les ruines sont cachées dans la forêt, sur la gauche du chemin : il ne consistequ’en une enceinte trapézoïde, dans l’intérieur de laquelle une tour, d’une cons-truction très-solide, est assise sur un rocher. On n’en connaît l’histoire que depuisl’an 1373, où Walther de Dicka, de la famille duquel il a été parlé à l’occasion duchâteau de Spesbourg, en donna en fief à Berthold de Wildsberg une portion, quevenaient de lui rendre Hartung de Wangen et son fils. Au commencement du sièclesuivant il était occupé en commun par Haffner de Wasselonne et Jean Wildsberg.A la mort du premier, Wildsberg s’étant allié avec le margrave de Bade et l’évêqueGuillaume, pour faire la guerre à la ville de Strasbourg , les citoyens de cette villeassiégèrent, prirent et brûlèrent ce château. Wildsberg en était absent, et dans lasuite il fit pendre ceux qui l’avaient rendu, quoique l’un d’eux fût son frère naturel.On accorda une libre sortie, et même une escorte, à la veuve de Haffner, qui yrésidait. En 1 £> 4 ° ^ es Haffner vendirent leur part aux Bock d’Erlenbourg. Hertzogfait remonter l’illustration de la famille de Bock jusqu’aux temps de Jules-César .On dérive d’un Robert Bock, qui a vécu en 1 200, le nom de la Robertsau, villageet promenade des environs de Strasbourg . Il est certain que dès le i 3 . e siècle cettefamille se distingua par ses exploits militaires, et bientôt aussi dans la magistraturede cette ville. Une branche prit le surnom d’Erlenbourg d’un château, changéaujourd’hui en une maison ordinaire, quon voit à l’entrée du village de Romans-willer, situé non loin de l’ouverture de cette vallée. Le château de Freudeneck fut,au 1 7« e siècle, tenu en fief de l’abbaye d Andlau par la famille suisse de Breiten-Landenberg, et il paraît que déjà les possesseurs antérieurs en jouissaient au mêmetitre. L’abbaye en recouvra le domaine utile en 1692.
A une demi-lieue plus loin, le château de Wangenbourg occupe une positiondes plus pittoresques. La hauteur qu’il couronne se rattache par une pente ondulée,
Sas - Rhin. 2 Q