IV
INTRODUCTION.
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crédule tradition se plaît à jeter des merveilles dans les siècles que lamémoire des hommes ne peut plus atteindre. L’Alsace devient un lac,et les câbles des vaisseaux s’attachent à des anneaux que le montagnardcroit voir encore sur le roc. Nous n’avons rien aperçu qui annonçâtl’existencç de ce monde antédiluvien. Quoi qu’il en soit, les coquillagesdes montagnes, les débris végétaux enfouis sous le sol , attestent desrévolutions de la nature; elles ont pu détruire le souvenir d’une civilisationprimitive. Toutefois ces époques sont à jamais retranchées du domainede l’histoire : livrées à l'imagination, qui embellit tout, rien n’empêcheque les fables heureuses des Grecs ne donnent aux Gaulois des Hvper-horéens pour prédécesseurs; rien n’empêche d’appeler sur notre sol cesrécits échappés de la lyre de Pindare , et de voir des travaux cyclopéensdans ces roches, qui ne doivent leur pose bizarre qu’au temps et à la nature.
Mais que de l’imagination nous revenions à la réalité, nous ne retrou-verons de l’histoire des Celtes que quelques débris épars. Sous les Romainsla présence des nations d’outre-Rhin détermina la création d’une Germaniecis - rhénane ; elle comprit dans sa partie supérieure la basse Alsace .Plusieurs auteurs pensent qu’elle s’étendait aussi sur le tiers de laSéquanie concédé à Arioviste ; et les briques de légion trouvées dans lescantons septentrionaux du Haut - Rhin , indiquent par leur chiffre laprésence des troupes stationnées dans la Germanie supérieure : le restefut attribué par Auguste à la Gaule lyonnaise . L’une et l’autre de cesprovinces avaient des gouverneurs nommés par l’empereur. Agrippa, Ger-manicus ont administré l’Alsace . Vindex en occupait une portion, quandil marcha pour favoriser l’heureuse entreprise de Galba . Vitellius latraversa quand, dirigeant ses armes contre le nouvel empereur, la duréede sa route suffit pour égaler celle de deux règnes. Bientôt les divisionsdes Romains ouvrirent la Gaule aux Barbares, et les Alemanni franchirentle Rhin : vaincus par Caracalla , par Constance, par Crispus , par Maximin,ils éprouvèrent de la part de Julien une horrible défaite , et quelquesannées après, Gratien fut encore obligé de les vaincre ; rien ne rebutaitces peuples. Ils demeurèrent les maîtres du pays après l’irruption desVandales et des Alains. L’Alsace était totalement ravagée ; enfin Attila vint la traverser avec les Huns.
Au milieu des images de la dévastation apparaît tout à coup l’aurorede la glorieuse monarchie des Francs. Dans les plaines de Ghâlons,