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Antiquités de l'Alsace ou chateaux, églises et autres monumens des départemens du Haut- et du Bas-Rhin / par De Golbéry et J. G. Schweighäuser
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INTRODUCTION.

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crédule tradition se plaît à jeter des merveilles dans les siècles que lamémoire des hommes ne peut plus atteindre. LAlsace devient un lac,et les câbles des vaisseaux sattachent à des anneaux que le montagnardcroit voir encore sur le roc. Nous navons rien aperçu qui annonçâtlexistencç de ce monde antédiluvien. Quoi quil en soit, les coquillagesdes montagnes, les débris végétaux enfouis sous le sol , attestent desrévolutions de la nature; elles ont pu détruire le souvenir dune civilisationprimitive. Toutefois ces époques sont à jamais retranchées du domainede lhistoire : livrées à l'imagination, qui embellit tout, rien nempêcheque les fables heureuses des Grecs ne donnent aux Gaulois des Hvper-horéens pour prédécesseurs; rien nempêche dappeler sur notre sol cesrécits échappés de la lyre de Pindare , et de voir des travaux cyclopéensdans ces roches, qui ne doivent leur pose bizarre quau temps et à la nature.

Mais que de limagination nous revenions à la réalité, nous ne retrou-verons de lhistoire des Celtes que quelques débris épars. Sous les Romainsla présence des nations doutre-Rhin détermina la création dune Germaniecis - rhénane ; elle comprit dans sa partie supérieure la basse Alsace .Plusieurs auteurs pensent quelle sétendait aussi sur le tiers de laSéquanie concédé à Arioviste ; et les briques de légion trouvées dans lescantons septentrionaux du Haut - Rhin , indiquent par leur chiffre laprésence des troupes stationnées dans la Germanie supérieure : le restefut attribué par Auguste à la Gaule lyonnaise . Lune et lautre de cesprovinces avaient des gouverneurs nommés par lempereur. Agrippa, Ger-manicus ont administré lAlsace . Vindex en occupait une portion, quandil marcha pour favoriser lheureuse entreprise de Galba . Vitellius latraversa quand, dirigeant ses armes contre le nouvel empereur, la duréede sa route suffit pour égaler celle de deux règnes. Bientôt les divisionsdes Romains ouvrirent la Gaule aux Barbares, et les Alemanni franchirentle Rhin : vaincus par Caracalla , par Constance, par Crispus , par Maximin,ils éprouvèrent de la part de Julien une horrible défaite , et quelquesannées après, Gratien fut encore obligé de les vaincre ; rien ne rebutaitces peuples. Ils demeurèrent les maîtres du pays après lirruption desVandales et des Alains. LAlsace était totalement ravagée ; enfin Attila vint la traverser avec les Huns.

Au milieu des images de la dévastation apparaît tout à coup laurorede la glorieuse monarchie des Francs. Dans les plaines de Ghâlons,