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MONUMENS DE LALSACE.
l’un aux Reinach, l’autre aux Zurhein : on y voit successivement les Àltenach,les Brunighofen et la famille de Gohr. Spechbach le bas et Enschusingen avaientchacun le leur; celui d’Enwiller fut engagé, en 1397, à la famille de Hack, à la-quelle, dès 1 5 io, l’empereur Maximilien donna les Waldner pour successeurs etdont la branche de Scliweighausen s’éteignit en 1672.
Nous ne quitterons point ce canton sans parler du village de Hagenbach etdu château que possédait l’illustre famille du même nom. Malheureusement ellefournit au duc de Bourgogne un gouverneur trop célèbre par ses cruautés et sesdébauches. L’obstination de Charles le téméraire à le soutenir, fut pour beaucoupdans la guerre à outrance que lui firent les Suisses , dont il rançonnait les mar-chands : et quand Sigismond eut vainement offert le prix du rachat fourni parBâle et Strasbourg, quand l’empereur eut imploré le secours des Suisses , qu’ilabandonna dans le traité, ceux-ci, aidés du contingent de nos villes impériales,vengèrent à Granson, à Morat et à Nancy, les outrages reçus de la part de Pierrede Hagenbach. Pour lui, il avait été saisi au vieux Brisach dès le jour de Pâques 1 474 - L’instruction de son procès constate les faits les plus horribles : l’humanitése refuse souvent à les croire, la décence à les écouter. Les députés des villes lecondamnèrent à avoir la tête tranchée, et cette sentence fut exécutée, à la lueurdes flambeaux, à Brisach, et non à Bâle, comme l’annonce mal à propos Philippe deComines . La famille de Hagenbach est éteinte aujourd’hui : le château est détruit.
M. l’abbé Descharrières, que j’ai déjà cité, a publié, en 1808, un Essai surl’histoire littéraire de Belfort et des environs. Cette ville a donné naissance à JosephDelaporte, auteur du Voyageur français , et à Jean-Baptiste Durosoy, qui a publiéune Philosophie sociale et des recueils d’édits et d’arrêts. Kléber, avant que sesexploits eussent honoré le nom alsacien au-delà du Rhin et sur les bords du Nil exerça pendant deux ans la profession d’architecte à Belfort . Masvaux réclame lepère Wilhelm, qui, en 1 7 36 , a imprimé une Histoire abrégée des ducs de Lorraine :d’autres disent que ce savant était né à Isenheim . Ce qui rend cette dernière opi-nion plus plausible, c’est que ce nom est encore celui d’une famille considérée dece lieu. Delle a fourni au Conseil souverain d’Alsace le premier président de Boug,auteur du Recueil des ordonnances d’Alsace , déjà commencé par le président deCorberon. Enfin, cette ville a mis à la tête des armées de la république françaiseun général qui obtint de grands avantages contre les Espagnols , battit les im-périaux à Loano, devint ministre de la guerre, et mourut dans la retraite lei. er Fructidor an 12 : ce fut Louis-Barthélëmi Schérer, dont les habiles disposi-tions en administration militaire dirigent encore le ministère, et que les gens del’art regardent comme un habile tacticien , malgré les revers de fortune que luifirent éprouver dans sa dernière campagne la supériorité numérique de l’ennemiet la coupable désobéissance de deux généraux qui n’exécutèrent point ses ordresà la journée de Vérone .