96 MONUMENS DE LALSACE.
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les juges de la paix publique, les fit condamner, et prit leur château, qu’il démolitde fond en comble. L’on n’en voit pas moins cette famille continuer à occuper dehautes dignités, tant civiles qu’ecclésiastiques : elle tenait des empereurs, deslandgraves et des évêques un grand nombre de fiefs et eut part à beaucoup dechâteaux. Déjà plusieurs fois nous avons parlé d’elle sous ce rapport, et nous auronsencore plus d’une occasion de la nommer : elle s’affaiblit au commencement dui6. e siècle, et s’éteignit en 1 î> 4 o par la mort de George, qui, dès l’an 1 5 1 5 , avaitvendu une moitié du château de Hohenstein à l’évêque, duquel il la tenait en fief.
A environ une lieue de ces ruines, celles du château de Nideck dominent lefond d’une étroite vallée, qui s’ouvre dans celle de la Hasel. Au haut elle est ferméepar un mur perpendiculaire de roches de porphyre, d’où se précipite une joliecascade, et au-dessus duquel ce manoir féodal occupe une position vraimenteffrayante. Notre planche 22 représente ce site pittoresque. Outre la tour carréequ’on aperçoit du fond de la vallée, il reste de ce château un autre corps de bâti-ment très-considérable, situé sur un tertre particulier, coupé en plusieurs terrasses,environnées de fortifications. Le nom de Burcard, burgrave de Nideck, qu’on trouvedans une charte du i 3 . e siècle, semble prouver à la fois que ce château jouissaitalors d’une haute importance, et qu’il n’appartenait point en propre à une famillede ce nom; mais qu’il était confié par un seigneur suzerain à la garde de quelquevaillant chevalier. On voit par un titre de fan i336 qu’alors Ulric, landgraved’Alsace , tenait ce château en fief de l’évêque, et l’avait donné en sous-fief à d’autrespersonnes. Lorsque les évêques eurent acheté le landgraviat, ils disposèrent direc-tement de cette demeure. D’après une paix castrale de l’an 1 393 , elle était à cetteépoque entre les mains de deux chevaliers et de deux écuyers, et chacun avaitfourni deux garans pour le maintien de ce réglement de leurs droits mutuels. En1448 elle était occupée par André Wirich, qui favorisa des hostilités commisescontre la ville de Strasbourg par le comte de Fénétrange , allié de l’évêque Robert.Les citoyens de cette ville assiégèrent le château, et firent promettre à Wirich derenoncer à ces liaisons. Six ans plus tard, le même chevalier ayant gravementoffensé Louis, seigneur de Lichtenberg, celui-ci vint assiéger Nideck avec des forcesconsidérables. Quand les assiégés furent réduits à la plus grande extrémité, lepousede Wirich, qui se trouvait dans un état de grossesse fort avancée, alla se jeter auxpieds de Louis, et lui rendit le château en demandant grâce pour son mari. Sadémarche fléchit cet ennemi irrité, et il renonça à la vengeance éclatante quedéjà il avait résolu de tirer de Wirich et de toute la garnison. On ignore à quelleépoque ce château fut détruit ou abandonné; mais, quand on considère sa positionsauvage, on s’étonne plutôt de ce que jamais il ait pu être habité.
La croupe alongée du Schnéeberg, l’une des montagnes les plus hautes de cettepartie des Vosges , s’élève au-dessus de ce château : on remarque sur l’un des rochersqui en garnissent la sommité, une masse détachée, couchée en équilibre sür sapartie la plus étroite, et que le mouvement qu’on peut lui imprimer a fait appelerla roche branlante ( Lottelfelsen ). Ailleurs des traditions druidiques se rattachent