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Antiquités de l'Alsace ou chateaux, églises et autres monumens des départemens du Haut- et du Bas-Rhin / par De Golbéry et J. G. Schweighäuser
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MONUMENS DE LALSACE.

Il8

Déjà nous avons eu occasion davertir quentre Saverne et Strasbourg la voieromaine paraît avoir suivi la direction dune route ancienne qui passe à Küttols-heim et rejoint la route de Wasselonne au haut de la Musau. On a découvert enplusieurs endroits de cette route des restes de lantique encaissement de gravier,et souvent on la voit former, quoiquelle ne présente plus aucun rehaussementartificiel, une ligne droite et élevée, vers laquelle remontent tous les champs quilavoisinent. Le même effet est produit sur plusieurs points par la route payenne,dont la direction bien constatée parcourt lAlsace du midi au nord.

LE KOCLIERSBERG.

Une autre route, plus septentrionale, allant de Saverne à Strasbourg , sappelleégalement aujourdhui'la route ancienne, parce que depuis quelque temps onsuit habituellement celle qui passe à Wasselonne ; mais elle ne fut tracée quen1 7 20. On sest servi pour une partie de sa construction des pierres du château deKochersberg, qui depuis ce temps est entièrement démoli : on en distingue cepen-dant encore lemplacement et les fossés sur une hauteur située auprès de cetteroute, à environ trois lieues de Saverne . Les avantages de cette position y ont faitplacer un télégraphe. Ce château était, comme celui de Hohbarr, une très-anciennepropriété des évêques de Strasbourg , et quelquefois le lieu de leur résidence. En1 3 3 4 lévêque Berthold de Bucheck sy retira pour se mettre en sûreté contrelempereur Louis de Bavière, dont il avait refusé de reconnaître lautorité, et quivenait de rassembler une petite armée à Haguenau . Vers la fin du siècle suivantce château fut engagé pendant quelque temps à la ville de Strasbourg , et, en 1 ^92,il fut pris par les troupes de cette ville, à loccasion des troubles que fit naîtrelélection de lévêque protestant George de Brandebourg.

Quelques-uns de nos anciens écrivains ont traduit fort arbitrairement le nomde Kochersberg, que ce château tenait de la colline il est situé, par nionsconcordiœ, et ils ont rattaché à cette hauteur plusieurs hypothèses insoutenables.Selon Specklin on a été jusquà désigner ce lieu comme celui de la célèbre entrevuede César et dÀrioviste . Beatus Rhenanus a cru retrouver sur cette montagne laposition du fort romain de Concordia, auprès duquel le roi Chnodomaire, battupar Julien auprès de Strasbourg , avait dressé son camp, et avait fait construiredes bateaux pour se ménager une retraite dans ses États. Nous chercherons dans lasuite à fixer le véritable emplacement de ce fort, sur lequel Schœpflin ne nousparaît avoir rectifié quimparfaitement lopinion singulière de Rhenanus.

Cependant il est probable que cette position avantageuse na point été négligéepar les Romains, et en effet des médailles antiques ont été retirées du sol nonloin des ruines du château : on a découvert aussi, sur plusieurs points du pro-longement des hauteurs, il est situé, des tombeaux, auxquels de petites urnesou des fioles de verre semblent assigner une origine romaine. Ces hauteurs séten-dent depuis Marlenheim et le Cronthal jusquau bord de la Zorn, auprès de