MONUMENS DE LALSACE.
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Déjà nous avons eu occasion d’avertir qu’entre Saverne et Strasbourg la voieromaine paraît avoir suivi la direction d’une route ancienne qui passe à Küttols-heim et rejoint la route de Wasselonne au haut de la Musau. On a découvert enplusieurs endroits de cette route des restes de l’antique encaissement de gravier,et souvent on la voit former, quoiqu’elle ne présente plus aucun rehaussementartificiel, une ligne droite et élevée, vers laquelle remontent tous les champs quil’avoisinent. Le même effet est produit sur plusieurs points par la route payenne,dont la direction bien constatée parcourt l’Alsace du midi au nord.
LE KOCLIERSBERG.
Une autre route, plus septentrionale, allant de Saverne à Strasbourg , s’appelleégalement aujourd’hui'la route ancienne, parce que depuis quelque temps onsuit habituellement celle qui passe à Wasselonne ; mais elle ne fut tracée qu’en1 7 20. On s’est servi pour une partie de sa construction des pierres du château deKochersberg, qui depuis ce temps est entièrement démoli : on en distingue cepen-dant encore l’emplacement et les fossés sur une hauteur située auprès de cetteroute, à environ trois lieues de Saverne . Les avantages de cette position y ont faitplacer un télégraphe. Ce château était, comme celui de Hohbarr, une très-anciennepropriété des évêques de Strasbourg , et quelquefois le lieu de leur résidence. En1 3 3 4 l’évêque Berthold de Bucheck s’y retira pour se mettre en sûreté contrel’empereur Louis de Bavière, dont il avait refusé de reconnaître l’autorité, et quivenait de rassembler une petite armée à Haguenau . Vers la fin du siècle suivantce château fut engagé pendant quelque temps à la ville de Strasbourg , et, en 1 ^92,il fut pris par les troupes de cette ville, à l’occasion des troubles que fit naîtrel’élection de l’évêque protestant George de Brandebourg.
Quelques-uns de nos anciens écrivains ont traduit fort arbitrairement le nomde Kochersberg, que ce château tenait de la colline où il est situé, par nionsconcordiœ, et ils ont rattaché à cette hauteur plusieurs hypothèses insoutenables.Selon Specklin on a été jusqu’à désigner ce lieu comme celui de la célèbre entrevuede César et d’Àrioviste . Beatus Rhenanus a cru retrouver sur cette montagne laposition du fort romain de Concordia, auprès duquel le roi Chnodomaire, battupar Julien auprès de Strasbourg , avait dressé son camp, et avait fait construiredes bateaux pour se ménager une retraite dans ses États. Nous chercherons dans lasuite à fixer le véritable emplacement de ce fort, sur lequel Schœpflin ne nousparaît avoir rectifié qu’imparfaitement l’opinion singulière de Rhenanus.
Cependant il est probable que cette position avantageuse n’a point été négligéepar les Romains, et en effet des médailles antiques ont été retirées du sol nonloin des ruines du château : on a découvert aussi, sur plusieurs points du pro-longement des hauteurs où, il est situé, des tombeaux, auxquels de petites urnesou des fioles de verre semblent assigner une origine romaine. Ces hauteurs s’éten-dent depuis Marlenheim et le Cronthal jusqu’au bord de la Zorn, auprès de