Band 
Tome premier.
JPEG-Download
 

CULTURES DIVERSES.

PLANCHE V.

4ig. x. Routoir en béton. Ces routoirs sonttrès-nombreux aux environs de Valence en Es­ pagne , on les nomme balzas. Pour les cons-truire, on fait dans les champs des fossés de laprofondeur, de la largeur et de la longueurquon veut donner aux murailles du routoir;puis lon remplit ces fossés avec du mortier àchaux et à sable, mélangé de cailloux de rivièrede la grosseur dune noix jusquà celle du poinget au-dessus. On commence parjeter le mortier,.puis des cailloux par couches peu épaisses, etlon bat les cailloux à chaque fois avec une de-moiselle, On élève une partie de la muraille à lahauteur de 45 à 65 c. m., et on laisse sécherpendant quatre ou cinq jours. Lon continuelouvrage de manière à reprendre au-dessus dela portion quon avait terminée quelques joursauparavant : on forme ainsi une solide et très-durable construction, connue sous le nom debéton , quon élève à ileur de terre. On enlèveensuite la terre qui se trouve dans lintérieurdes murailles jusquà leur base, après quoi lonforme le solen jetant le même mélange de mor-tier et de cailloux.

Ces réservoirs durent cent et cent cinquanteans, et se maintiendraient des siècles, si leauacre dans laquelle le chanvre a macéré ne cor-rodait les pierres et surtout le ciment employé àleur construction. Les cailloux quartzeux quientrent dans le béton ne sont pas susceptiblesdêtre corrodés : on les voit aussi ressortir à lasurface des murailles. On remplit les babas endétournant leau dun ruisseau ou de tout autremanière : on les vide avec des seaux. On entrouve lon a construit un puisard à lexté-rieur des murailles, avec une communicationintérieure. Cest par ce puits quon vide leau.Les habitans des campagnes tiennent ordinaire-ment ces réservoirs remplis deau dans le cou-rant de lannée, et ils sen servent pour laverielinge.

Lintérieur du routoir a i 3 m. de long sur4 de large, et i mètre i de profondeur. Lesmurailles ont ordinairement 4 d. m. de largeur.Elles sont recouvertes en dalles. A. Canal parlequel on donne entrée à leau : il a 26 c. m. delarge ; sa longueur est plus ou moins considé-

rable. Les deux murailles qui le forment portentà leur entrée une rainure dans laquelle on metune planche pour arrêter leau, ou quon enlèvelorsquon veut quelle coule à travers le routoir.Ce canal se divise à droite et à gauche , et con-serve la même largeur jusquau point, cesdeux branches reprenant la direction primitivedu canal, se rétrécissent et portent seulement18 c. m. de large. Cette division est formée parun massif en maçonnerie long de i 3 d. m. etlarge de 4 - On pratique aux deux extrémitésde ce massif, ainsi quà lentrée du canal, desrainures qui reçoivent une planche lorsquonveut arrêter le cours de leau. Leau sort duroutoir par une ouverture qui se prolongejusquen È. Cette issue, large de 3 d. m., etformée par un abaissement de quelques c. m.que reçoit la. muraille dans la longueur de18 d. m. Elle porte une rainure qui sert égale-ment à arrêter les eaux par le moyen duneplanche. C Indique deux pierres posées le longde ce canal, distantes de 8 d. m, ayant en hau-teur 4 d. m. et g de longueur. Elles servent àplacer le chanvre, et à le faire égoutter à mesurequon le retire du routoir.

Fig. 2. Manière de former des cercles pour lescuves. On fabrique sur les Apennins des cerclesqui ont de y à 10 c. m. de largeur sur 2 dépais-seur. A cet effet on fend des arbres de hêtre en4 , 5 ou 1 o bandes, quon façonne ainsi quonva dire. On creuse en terre une étuve ou fosse,longue de 11 mètres, large de 5 ou 6 d. m., etprofond de 3 . On garnit les côtés de cette fossede pierres plates, ainsi quon le voit dans unepartie de la figure 2, B. On recouvre cette fossede pierres plates, comme on la représenté àcette même figure. On forme ainsi un canalsouterrain large de 4 d. m., et élevé de trois. Onétablit au-dessus de celui-ci deux murailles enpierres plates, quon recouvre comme les précé-dentes; mais avec des petites pièces de bois,fig. 2, C; de manière quon forme un canal su-périeur ayant les mêmes dimensions que le ca-nal inférieur, et on recouvre le tout avec de laterre, comme on le voit dans la coupe, fig. 2, A.On bouche les deux canaux à lune de leurs ex-trémités , de manière cependant que la fumée du