Band 
Tome quatrième.
Seite
87
JPEG-Download
 

L I V

deux extrémités du morceau deboiï sur lequel il est roulé ; onfait descendre de dessus dh cy-lindre qui est au haut du châs-sis, des soies crues d’une très-grande finesse, et rangées surune chaîne fort claire, dont onétend sur une table une longueurpareille à la partie de la feuillequ’on veut dérouler; on fait te-nir le commencement de cettefeuille à la partie de la chaînequi ne pose pas sur la table , etqui est la plus proche de cettemême feuille. On se sert à ceteffet de particules de gomme enfeuille ou par écailles , qu’onapplique derrière avec un pin-ceau , à l’aide d’un peu d’eau oude la simple salive, observantde nelesmouiller que dans l'ins-tant qu’on les applique.

La feuille du livre s’appliquesur-le-champ à ces particules,de la même manière qu’unefeuille d’or se fixe sur le mor-dant du doreur ; lé commence-ment de la feuille du livre étantainsi happé par la soie et parla gomme qui y sont adhérentes,on tourne très-doucement le cy-lindre qui est au haut du châs-sis, auquel les fils de soie sontattachés , et à cause de lagrande fragilité de la feuille,on aide en même-temps le li-vre par en bas, à tourner ; parce moyen, on enlève insensi-blement la partie de la feuillequi est fortifiée, et l’on force lereste de la chaîne qui est cou-chée sur la table, à se releveret à se joindre, à mesure que lelivre tourne, à la partie de lafeuille qui reste à dérouler. Onles fixe ensuite avec des parli-

L O K 87

cules de gomme , en suivant lemême procédé. Lorsqu’il 11ereste plus rien de la chaîne surla table , et qu’elle a été touteappliquée à la feuille du livre,on coupe cette même feuille,et on la colle sur une planche ;l’écriture y est si faiblementmarquée, qu’il est difficile de lallire au grand jour; mais on yréussit en la mettant à l’ombreou à un jour plus doux; alorson la lit comme on lirait unimprimé qui, après avoir éténoirci au feu, conserverait en-core la trace des caractères dontil était empreint. Les fils de soiesont ici d’autant mieux imagi-ginés, que présentant line sur-face à la feuille , ils la soutien-nent par-tout également, rem-plissent les parties mutilées, etempêchent que la feuille ne sedéchire dans ces endroits, quiétant'les plus faibles, seraientles premiers à céder. Cette opé-ration exige beaucoup de légè-reté dans la main : on n’y tra-vaille que les fenêtres fermées ;car le moindre vent pourraitenlever ou rompre la feuillequ’on développe, et faire perdreen un instant le fruit de toutesles peines qu’on aurait prises.On peut voir à ce sujet le re-cueil des lettres de Winkel-mann ,sur les découvertes faitesà Herculanura, etc.

LOK. On a demandé dans leJournal de la Blanckerie , 1786,p. 201 , quels sont les différensmoyens qui ont été employéssuccessivement pour connaîtrela marche des vaisseaux? Quelssont les inconvéniens du lok?Quelles sont les différentes in*