ODE
» en examinant ce projet avec*> réflexion , je me suis trouvé» dans un embarras dont je ne» compte pas sortir, non pas» que fes odeurs n’aient tout ce» qu’it faut pour établir une» harmonie entre des tons va-n riés à l’infini; mais, soit pé-» nutie du côté des langues qui» manquent de termes pour» exprimer ces tons primitifs,» soit négligence du côté des» physiologistes, qui 11e les ont» point encore observé, je n’ai» trouvé que deux termes qui» annonçassent deux tons, oujj deux odeurs primitives , le» suave et le fetide : les autresjj dénominations sont toutes» spécifiques, c’est-à-dire, dé->j rivéesdesnomsdescorpsodo-» rans, comme l’odeur de fleur-» d’orange, l'odeur de rose,» l’odeur de jasmin,etc. ce quijj est aussi incorrect pour ca->J ractériser les odeurs primi-» tives, que si je disais le sonjj d’un orgue , d’un violon ,jj d’une flûte, etc. pour carac-» tériser les sons primitifs, ou>j bien la couleur de bois, d’é-carlate, de charbon, de craie,jj etc. pourdésignerlescouleursjj primitives, ou bien enfin le>j goût de poivre , de sucre ,» de vin, etc. pour indiquerj» les saveurs primitives : ceciJ» devient encore plus sensible,>j si l’on fait attention que l’a-J“ mer, le doux, le piquant,» sont toujours l’amer, le doux,jj le piquant, dans quelquesjj corps savoureux qu’ils puis-» sent se trouver, comme l’ut,jj mi,sol, sonttoujours lesmê-» mes tons sonores de quelques
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« instrumens qu’ils parlent ,JJ soit à cordes ou à vent; de>J même les odeurs de rose,JJ d’oeillet, d’orange,sont, à laJJ vérité ,dilférentesentreelles,JJ mais elles conviennent toutes» dans le ton fondamental deJJ suave. Pour que leur diffé-’» rence pût servir à caractéri-JJ ser les tons ou odeurs primi->j tives, il faudrait pouvoir les» énoncer par des termes gé-JJ néraux , et c’est ce qu’on 11’aJ> point encore fait, du moinsjj que je sache. La chose 11’çst,jj sans doute, pas impossible jjj mais pour réussir il me sem-» ble qu’il faudrait être un peujj plus qu’anatomiste, chimis-» te, même physicien. Dans unjj siècle aussi curieux que lejj nôtre, et où toutes les nou-» velles découvertes sont sijj applaudies , celle-ci ne pour-jj rait manquer d’être parfaite-jj ment bien reçue. Il seraitj> donc à souhaiter qu’il prît» envie à quelques savans dujj premier ordre de bien étudier» cette partie encore inconnuejj de la physiologie, et de nous» faire connaître exactementjj les odeurs primitives, dut-il» s’autoriser du privilège dejj Guy l'Arétin , et les énoucerjj par des termes aussi singu-j» tiers qu’ut, re, mi fa, etc. Iljj suffirait de donner une notionjj exacte de leur propriété com-jj me nous avons celle des sons,» nous pourrions nous flatter>j d’être enrichis d’une décou-jj verte inconnue aux anciensjj et aux moderuesü.
IVous unissons bien sincère-ment nos vœux à œux de l’au-