Band 
Tome quatrième.
Seite
473
JPEG-Download
 

ŒUF

Pire fait en fourche, parcequ’aussi-tôt qu’on a atteint ledegré de chaleur nécessaire, onferme une soupape : l’autretuyau sert à faire passer la fu-mée du poêle, et échauffe unautre endroit où l'on veut éle-ver les poulets. Lorsque la cageest une fois échauffée , sa cha-leur peut durer au moins trente-six heures dans le même degré,parce qu’on n’est pas obligéd’ouvrir le couvoir comme dansla manière de M. de Réaumur,pour observer le thermomètre;on peut le voir au travers duverre. Lorsque les petits sontprêts à éclore, on diminue lachaleur de 2 ou 5 degrés. Pourtrouver le degré convenable ,on prend un petit tube de ther-momètre ; on le met sous l’ais-selle pendant une demi-heure,et en le retirant on a un fil toutprêt, que l’on noue à l’endroitoù se trouve la liqueur, et cesera sûrement le degré le plusjuste.

Une dame de Versailles , dontl’appartement, au grand Com-mun , est divisé en deux par unentre-sol assez bas pour qu’onpuisse toucher de la maiu auplancher, s’apperçut que l’âtred’une cheminée de l’étage su-périeur communiquait beau-coup de chaleur à une tabletteplacée au-dessous. Cette damejugea celte chaleur capable defaire éclore des œufs de poule,et le jugement de la main , sansle secours d’aucun autre ther-momètre, a été assez sûr pourque l’expérience ait réussi aubout de vingt-un jours d’atten-tion, etj mettant souvent l’œuf

ŒUF 473

dans la main, et approchant oureculant un panier suivant lachaleur du plâtre. L’œuf a étéparfaitement couvé dans ce pa-nier garni de coton, et enfin lepoulet a béquetésa coquille peude temps après. Celui-ci a étésuivi d’un autre. Ces deftx pou-lets sont nés le 27 et le 29 mai1760 ; ils ont été élevés sur unefenêtre exposée au levant entredeux châssis couverts de coton,dans un petit panier. Pour lesexciter à manger, on frappaitdu doigt sur le papier où étaitleur nourriture, comme la mèrefrappe du bec sur la terre. Ilscouraient dans la chambre sansappeler leur mère , qu’ils neconnaissaient pas. (V. Oiseaux,Poulets ).

M. Beguelin a donné un pro-cédé pour faire éclore des œufsouverts de manière à pouvoirobserver les progrès du dévelop-pement du germe. On peut voirce mémoire , inséré pag. 162 dutome VIII de la Collect. Acad.,partie e'trang., et l’analyse quien a été faite pag. lix du Dis-cours préliminaire en tète de cevolume; voyez, aussi t. XIII,pag. 1.

§ IV. Maniéré de. faciliter aux

poulets la sortie de la co-quille.

Il est un temps marqué par lanature, où les œufs couvés éclo-sent, et où les petits jouissentde l’air et de la lumière. Il ar-rive cependant quelquefois queces petits ne peuvent forcer leurprison, et qu'ils meurent à lapeine. Dans ce cas les plumes