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marqué que l’air réfléchissait lalumière avec plus d'intensitéue l’eau, et faisait voir l’imageçs objets beaucoup plus dis-tincte que l’eau la plus claire.L’expérience par laquelle il areconnu cette propriété de l’airest si simple, que tout le mondepeut la faire sur-le-champ. Ils’agit de prendre un verre, dele remplir d’eau bien nette, etde laisser reposer l’eau aprèsavoir posé le verre sur une ta-ble, jusqu’à ce qu’on n’y apper-qoive aucun-mouvement : alorsprésentez au-dessus de la sur-face de l’eau, à quelques poucesde distance , tel corps que vousvoudrez, comme un œuf, uneboule d’ivoire , etc.; vous enappercevrez dans l’eau une fai-ble image , qui ne paraîtra quecomme une ombre : plongezensuite ce corps dans l’eau dumême verre, et tenez l’y sus-pendu par un fil , à un pouceou environ de la surface du li-quide ; posez le verre sur lebord d’un guéridon ou autresupport assez élevé pour quevous puissiez regarder de basen haut l’objet immergé dans leverre : laissez reposer l’eau jus-qu’à ce que le mouvement quevous lui avez imprimé soitanéanti : regardez ensuite de basen haut au-dessus du verre, vousverrez l’image de l’objet réflé-chie avec la plus grande forcepar la surface de l’air qui tou-che la masse d’eau , et cetteimage vous présentera sensible-ment la vraie couleur de l’ob-jet, ainsi que toutes les tacheset les autres particularités quise trouveront réellement sur le
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corps. Cette expérience prouveincontestablement l’assertion deM. Edward, que les poissons,sousl’eau tranquille, voient leurimage dans l’air beaucoup plusdistinctement que les hommesne voient la leur dans l’eau. Lefait démontré, la raison se pré-sente d'elle-même aux physi-ciens. On voit que ce phéno-mène dépend de l’impénétrabi-lité de la matière, et de l’ex-trême polissure de la surface ré-fléchissante.
Ne pourrait-on pas rapporterà ces observations les effets de lapremière etde la troisièmeillu-sion,ainsi que ceqne nous avonsdit au mot Eclipse horizontale?Voyez ce mot.
Ce que nous venons de dire,sur la propriété de l’air de ré-fléebir l’image d’un corps, n’estpas nouveau. Nous lisons dansl ’Encyclopédie d’Altédius , célè-bre écrivain du dix - septièmesiècle, tom. I er ., p. 1194 , à lafin de son Traité sur l'Optique ,ces questions : An aer possitinterdum esse spéculum P Carquidam videant sui imaginentin aere ? An ae.r condensa ri pas-sit ope speculi , ita ut aliquisimaginent sui mdeat in aere ?Ce même auteur, un peu plusloin, pag. 1189, met au rangdes miroirs naturels l'air denseet épais, ou.chargé de vapeurscondensées, et cite d’après Aris-tote , dans son Livre de la Me-,moire , l’exempled’Antipheron,qui voyait continuellementmarcher son image devant lui.Vitellon raconte que, se pro-menant la nuit à cheval le longdu rivage , dans un air plus