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Villeianeuse a fait annoncerdans le Journal tle la Biancfte-rie, p. ifii), une orgue portativede nouvelle construction.
§ I er . Orgue des saveurs.
Le clavecin oculaire du P.Castel a fait naître l’idée du cla-vecin des saveurs. Un auteur denos jours a cru trouver une ana-logie sensible entre les saveurset le son ; il est parti de-là pourappliquer chaque saveur à cha-cun des sept tons de la musique,et il en a fait une gamine savou-reuse gue voici :
Lacide répond à l’ul.
Le fade au ré.
Le doux au mi.
L’amer au Ja.
L’aigre-doux au sol.
L’austère au la.
Le piquant au si.
Cette échelle des saveurs est-elle bien graduée? Il nous sem-ble qu’il y a bien des degrés en-tre l’acide et le fade, entre Jedoux et l'amer, etc. Quoiqu’ilen soit, il peut y avoir, dit-il,une musique pour la langue etpour le palais, comme il y en aune pour les oreilles. Dans lamusique sonore, les tierces,lesquintes, les octaves forment lesplus belles consonnances , mê-mes effets précisément dans lamusique savoureuse. Mêlez l’a-cide avec l’aigre-doux ; le ci-tron , par exemple, avec le su-cre , vous aurez une consonnancesimple , mais charmante enquinte-majeure. Mêlez l’acideavec le doux ; le suc de biga-rade , par exemple avec le miel,Vous aurez une saveur passable-1
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ment agréable, analogue à latierce-majeure : mêlez l’aigre-doux avec le piquant, la con-sonnance sera moins agréable;aussi n’esl-etle qu’eu tierce-mi-neure : pour la rendre plusagréable, haussez ou baissezd’un demi - ton l’une ou l’autresaveur, ce qui revient au dièzeou au b mol, vous trouverez ungrand changement.Voulez-vouscomposer un air savoureux engrand dièze, prenez pour domi-nante l’acide, le piquant, l’aus-tère ou l’amer; au contraire, sivous choisissez pour dominantele fade, le doux , l’aigre-doux ,avec une petite pointe de pi-quant pour donner de Pâme àvotre composition, vous aurezun air savoureux en grand b mol.Les dissonances ne sont pasmoins analogues dans l’une efel’autre musique. Dans l’acous-tique, frappez la qnai'te, vousproduirez une cacophonie désa-gréable. Dans la musique sa-voureuse , mêlez l’acide avecl’amer ; du vinaigre, par exem-ple , avec de l’absynlhe, lacomposé sera détestable.
Echauffé de ces idées, M.l’abbé Poncelet fit construireun petit buffet semblable à unbuffet d’orgue portatif. Le cla-vier était disposé à l’ordinairesur le devant, et ne comprenaitque deux octaves complettes detons et de semi-tons. Dans l’in-térieur du buffet étaient dispo-sés deux soufflets, de manièrequ’ils rend aient alternativementPair par le ministère du pied ,ce qui formait un courant d’aircontinu. Cet air était porté parun conducteur dans une rangée