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et de ces terres le salpêtre qu’el-les peuvent contenir, et elles endonneront infiniment plus qu’iln’en faut pourdédommager desfrais que l’on a été obligé defaire pour la construction.
Dans le fond du sol de cesvoûtes et au-dessus, on peut yformer des plantations de sal-pêtre : pour cet effet, on prenddes mêlangesde terre préparée,ainsi qu’on l’a dit ci-dessus; onfait avec cette terre des tas oucarreaux, delà longueur qu’onveut, et de huit à dix pieds delarge, afin de pouvoir y ma-nœuvrer facilement. Entre cha-que tas , on laisse des petits sen-tiers, comme entre les plate-bandes d’un jardin : on cons-truit ces tas de terre à la hau-teur d’un pied et en talus; onles saupoudre avec de la chauxvive , du vitriol, de l’alun, dusoufre, de la suie; ayant soinde les arroser tous les huit ouquinze jours avec de l’urine pu-tréfiée. Au bout de quelquesmois, on apperçoit sur ces tasde terre des veines blanches; cesont des indices de salpêtre,mais on laisse le tout dans cetétat l’espace de dix à douzemois , jusqu’àceqn’on juge queces tas de terre soient assez ri-ches en salpêtre pour être les-sivés.
Lorsqu’on veut construiredes fosses pour la fabricationdu salpêtre, on choisit un lieusec, où il n’y ait ni eau souter-reine, ni ruisseau, ni égout ,ni pluie : on construit sur ce ter-rem un haugard assez spacieuxpour y établir le nombre defosses que l’on juge à propos. Si
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le fond de l’endroit où l’oitconstruit ces fosses est de natureargilleuse, il n'y a rien à ajou-ter ; mais si, au contraire, lesterres sont sableuses, il faudraitgarnir le fond des fosses avecdes briques cimentées, pourempêcher que les parties li-quides qui servent à la forma-tion du salpêtre , ne se perdent :on donne à ces fosses six ouhuit pieds de largeur et de pro-fondeur.
Ou remplit ces fosses de ma-tières propres à former le sal-pêtre; on commence par unscouche de terre, et lit par litune couche dç matières putré-fiables , et une couche de terrealternativement. On se sert dematières fluides pour arroserces fosses: l’urine humaine tientle premier rang; vient ensuitecelle des bestiaux, les diversessaumures, les eaux de teinture,de savon, des buanderies, etc.On les arrose de temps en temps,afin d’entretenir l’humidité né-cessaire pour la fermentation etla putréfaction.
C’est au hasard que l’on doitla découverte de l’utilité desmurailles matrices du salpêtre.Eu Saxe , dans le Brandebourg ,et en divers autres lieux d’Al-lemagne où le bois est très-rare,on ne ferme pas les terres dehaies mortes, mais avec desmurailles faites de terre glaisemêlée avec d’autre terre et dela paille hachée. Ces murs declôture étant tombés en ruine,les jardiniers ramassent ces dé-bris, et ont vu qu’ils fertili-saient leurs terres admirable-ment. Les salpétriers, autorisés
par