Band 
Tome sixième.
Seite
122
JPEG-Download
 

U2 S T A

temps les lichens sont fria-bles. La commission a penséquil valait encore mieux ga-rantir les statues de cette rrassevégétale, que de la faire dispa-raître, et cest de quoi elle sestoccupée. Le moyen quelle atrouvé le plus propre à ceteffet, est de couvrir les statuesdun enduit de cire blanche,qu'on fait disparaître ensuiteavec des linges chauds. Ce pro-cédé a lavantage, i°. de donnerau marbre Je plus beau poli ;a 0 , de former une surface lisseet vitreuse qui ne permet pasaux racines des végétaux dypénétrer.

§ V. Statue de Memnon.

Suivant la fable, Memnon ,fils de Titon et de lAurore , futtué en combat singulier parAchille,en présence delarniéedes Grecs et des Troyens : samère , pénétrée de douleur, lecouvrit de nuages noirs, et pro-testa de ne plus rendre le jourà la terre ; Jupiter , pour laconsoler, lui permit de changerles cendres de son fils en oi-seaux , appelés Memnonides.Les Egyptiens, pour perpétuerla mémoire de Memu.on, éri-gèrent en son honneur dans letemple du dieu Apis, sur lesbords du fleuve Bélus , une sta-tue qui avait cette propriété,quétant éclairée et frappée parles rayons du soleil, elle ren-dait un son très-mélodieux, aulieu que le soir elle en rendaitun lugubre. Quoiquil en soitde lhistoire de Memnon , sastatue , qui a été traitée de fa-

S T A

bilieuse dans des temps oft lespropriétés de lair étaient incon-nues, pouvait être un effet très-»naturel de la raréfaction de ceJlnidc. Le P. Kircher, à qui le*sciencesont beaucoup dobliga-tion , a percé le mystère, enfaisant voir ( Physiologie Kir-heriana expérimenta lis,par K-?st-1 er, p 2i5et suiv.) qu'une sta-tue de métal creuse pouvait ren-fermer un volume dair que lesrayons du soleil levant érhauf-feraient et dilateraient. Si onmetdans la bouche de la statueune anche de hautbois ou damusette , et que lair n'ait pasdautre issue , on entendra dessons variés , tels , sans doute ,quétaient ceux de la statue deMemnon : le son que la statuerend le matin, doit être diffé-rent de celui quelle rend le soir.Le matin , à mesure que le so-leilselève etéchauff'e la statue,lair en sortant rend un sonclair;le soir , lorsque le soleilse retire , et que la statue se re-froidit, lair en rentrant fait unbruit sourd dans lintérieur: enun mot, leffet étantextérieurlcmatin et intérieur le soir , lavariété des sons se trouve natu-rellement expliquée ; telles sontau moins les conjectures quelon peut avancer sur un phé-nomène dont on a tant parlé di-versement, eu supposant néan-moins quil eût une existenceplus réelle que la dent dor. ( V.le Journal de Verdun, novembre1720, p. 028. )

M. Langlès a fait lecture àlInstitut national , en 1706( an 4 ), dune dissertation cu-rieuse et savante sur la statue