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Tome sixième.
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Les marins ont aussi remar-qué de nos jours, que le tan-gage d’un vaisseau nouvelle-ment spnlmé agite beaucoupinoiusl'eau que celui d’un vais-seau auquel on n’a pu donnerle suif depuis long-temps. M.Pennant rapporte une autre ob-servation faite par ceux qui pê-chent aux veaux marins enEcosse . Lorsque ces animauxdévorent un poisson très-hui-leux , ce qu’ils font toujours aufond de l’eau , on remarque quela mer à sa surface est d’unetranquillité singulière, ce quiapprend aux pêcheurs que c’estdans ces endroits qu’ils doiventchercher les veaux marins.

Les vaisseaux pêcheurs deSaint-Malo , sur le grand bancet sur i"î!e de Terre-Neuve ,sont dans l’usage de retirer desfoies de morue une assez grandequantité d’huile : à leur retourour l’Europe , lorsqu’ils sontattus par de violentes tempê-tes, il est arrivé souvent qu’ilsont jeté à la mer. quelques ton-neaux de cette huile, à laquelleon reconnaît depuis long-tempsla propriété de calmer les flots,et de les empêcher de se brisertrop violemment contre lesvaisseaux.

Le célèbre Franklin se trou-vant en mer, au milieu d’uneflotte de quatre-vingt dix vais-seaux , remarqua que lereinouxau-dessous de deux vaisseauxétait uni et tranquille , pendantque sous les autres l'eau étaittrès-agitée par le ventqui souf-flait grand frais ; ne pouvant serendre compte de cette diffé-rence , il alla en parler au ca-

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pïfaine , et lui demanda là-des-sus son avis. Les cuisiniers ,!uirépondit-il,ont sans doute vuidépar les dalots leur eau grasse ,ce qui aura un peu graissé lescôtés de ce bâtiment. Une. autrefois , en voyageant sur mer , ilobserva le calme surprenant queproduisait l lniile sur l’eau agi-tée dans une lampe de verresuspendue au plancher du vais-seau ; et le capitaine lui appritque lorsque les Bermudiensveulent harponner un poissonqu’ils ne voient pas , à cause dela surface d_e la mer agitée parle vent , ils versent un peud’huile sur la.sur face des vagues.Ce même capitaine lui appritque lorsque les pêcheurs deLisbonne veulent rentrer danslelage,si la houlle (c'est-à-direles vagues qui se précipitentles unes sur les autres), tropforte sur la barre, leur fait ap-préhender qu’elle ne remplissed’eau leurs batteaux, ils vui-dent dans la mer une bouteilleou deux d’huile , ce qui calmeles brisans, et leur permet depasser en sûreté.

D’après ces connaissances, M.Fîanklin voulut faire des expé-riences pour calmer les vaguessur l’étang deClapham.Le vent,dit-il, élevait de grosses ridessur sa surface; j’envoyai cher-cherune petite bouteille d’hui-le , et j’y en répandis une partie.Je vis cette huiles’étendreavecune rapidité surprenante sur lasurface ; mais elle n’applanitpas les vagues, parce que jel’avais d’abord jetée au côtésous le vent de l’élaag , où lesvagues étaient plus grandes, et