324 V A P
matières animales, végétalesou minérales. Lorsqu’elles sonten grande quantité, elles cor-rompent la masse de l’air etmettent la vie des hommes etdes animaux dans le plus granddanger. ( Voyez les articles Air ,Cimetières, Fosses d'aisance,F este,Puisards,Minéralogie, § I.;
Les vapeurs les plus dange-reuses connues, sont de deuxespèces, savoir, les vapeurs mé-phy tiques elles vapeurs putrides.
§ 1 er . Vapeurs méphytiques.
Les causes, qui imprègnentl’air de vapeurs nuisible* et lerendent par-là incapable d’en-tretenir la vie des animaux,sont très-multipliées. Le feuet les exhalaisons des alimensdu feu, la fermentation et lesémanations produites par lessubstances fermentantes, lesémanations des métaux et desminéraux, celles des huiles,des graisses et de la cire en igni-tion, sont autant d’agens quitendent sans cesse à envelopperl’air et à nous empêcher dejouir de ses principes vivifians.Il n’y a pas jusqu’à notre ha-leine et notre transpiration quine soient des vapeurs vraimentméphytiques, à qui il ne man-que que de l’intensité et d’êtreen quantité suffisante pour suf-foquer et tuer sur-le-champ.Delà les mal-aises, les faibles-ses, les évanouissemens, lessyncopes, etc. qu’éprouvent lespersonnes délicates dans les as-semblées où il y a beaucoup demonde renfermé dans un petitespace. Car si l’air, eu entrant
V A P
dans les poumons par l’inspira -tion, 3 r dépose les principes res-taurans qui le constituent lepremier aliment de la vie, cemême air , lorsqu’il en sort parl’expiration, n'est plus qu’unevapeur imprégnée de la matièretransvuidée par les surfaces desbouches; excrétion délétère,véritable acide qui change eurouge la couleur bleue de lateinture de tournesol, qui crys-tallise avec les alhalis, et quipar conséquent a tous les carac-tères du gaz.
Ainsi, dans une salle, quelleque soit son étendue, s’il y abeaucoup de monde,l’air qu’ellecontient passant et repassantsans cesse dans les poumons,est en peu de temps dépouilléde ses propriétés salutaires. Ceteffet est plus prompt, si celtesalle est fermée de manière àce que l’air extérieur ne puissey pénétrer et renouveler celuiqui y était contenu , et il l’estencore davantage si elle estchauffée par de grands feux etéclairée par beaucoup de lu-mières; parce que le feu con-sume l’air au point de le rendrebientôt incapable d’entretenirce même feu. On en a la preuvedans une bougie allumée sousun bocal ; on voit la flammeperdre peu à peu de son éclatet enfin s’éteindre d’elle-même.Les exhalaisons qui émanentdu bois ou du charbon, del’huile, du suif ou de la cire,dans le temps qu’ils brûlent,ajoutent encore au danger.
Ce danger est inanifestéd’unemanière bien plus sensible dansle réduit des pauvres et dans les