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l’air trop vif et trop rare. M.l’abbé Richard , auteur del'Histoire naturelle, de l'Air ,mil dans sa bouche, en mon-tant au Vésuve , quelques poi-gnées de grésil qu’il trouva àterre, et ce moyen lui facilitala respiration en le rafraîchis-sant. Il assure qu’une tranched’orange avait le même effet.
§ VIII. Maladies locales.
Chaque climat à ses mala-dies particulières : le transportd’un climat dans un antre, oc-casionne souvent des incom-modités et même des maladiesplus ou moins dangereuses. Ceteffet est dû tantôt à la naturemême de l'air, tantôt à la qua-lité des eaux et des alimens.
I<es h abi tans des côtes d’Afri-que n’ont d’autre moy«-n de se.garantir des funestes effets duventsnn.ve/q ni vient des désert ssablonneux , que de tendre de-vant les ouvertures de leursportes et fenêtres de gros drapsqu’on a soin de tenir toujoursmouillés.
A Carthagène , où les cha-leurs sont excessives et presquecontinuelles, une transpirationhabituelle donne aux liabitansla couleur pâle et livide des ma-lades. Lors même qu’ils se por-tent bien , leurs mouvemens seressentent de la mollesse del’air, qui relâche sensiblementleurs fibres. On s’en apperçoitjusques dans leurs paroles, tou-jours trainantes et prononcéesà voix basse. Ceux qui arriventd’Europe , conservent leur fraî-cheur et leur embonpoint trois
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ou quatre mois; mais ils per-dent ensuite l’un et L’autre. Cedépérissement est l’avant-cou-reur d’mi mal plus fâcheux en-core, mais dont la nature estpeu connue On conjecture qu’ilvientàquelques personnes pourn’avoir pas digéré; à d’autres,parce qu’elles se sont refroidies.Il se déclare par des vomisse-inens accompagnés d’un déliresi violent, qu’il faut lier le ma-lade pour l’empêcher de se dé-chirer. Souvent il expire aumilieu de ses transports , quidurent rarement plus de troisou quatre jours. Une limonade,faite avec le suc de l ’opuntia ouraquette, est, selon Gardin , lemeilleur spécifique que fou aitencore trouvé contre une ma-ladie si meurtrière. Ceux quiont échappé au danger daus lespremiers temps , ne courentaucun risque.lies ténioinséclai-rés assurent même que, lors-qu'on revient à Carthagène a près u ne longue absence , il n’ya plus rien à craindre. (HistoirePhiUi.sophiaue des deux Indes ,
t. IV, p. 7 S)
Pour remédier a la lepre, quiest fort commune à Carthagè-ne , M. l’abbé Raynal pensequ’on devrait suivre le mêmeusage pratiqué par des peuplesd’Afrique , placés à la mêmelatitude. Cet usage consiste à sefrotter le corps avec une huileque rend le fruit d’un arbresemblable au palmier. Celtehuile est d’une odeur désagréa-ble ; mais outre la propriétéqu’elle a d'éloigner les insectesincommodes sous ce ciel ardent,elle sert à assouplir la peau, à