de l’ Artillerie. Part. III. 341mobile parvienne à ce but sans décliner par fa gravité d’une hau-teur sensible AB ; d’où il suit que soit que le but A soit au niveaude la batterie , la piéce a également sa portée du but en blanc,puisque la direction horisontale élevée ou abaissée, ne changepoint la vitesse initiale, par la seconde Partie de cet Ouvrage j Ôc quela gravité étant la même en des teins égaux , ces espaces parcou-rus AB feront toujours égaux: il n y a que les espaces horison-taux CG, CF, qui seront inégaux à mesure que les directions AGseront plus ou moins inclinées à l’horisontale CF, à sqavoir dansla raison des Sinus des complémens des angles d’inclinaisonAGF ; ce qui est évident, par la seconde Partie.
Comme la gravité du mobile n'est jamais oisive, il fuit évidem-ment qu à la rigueur mathématique il n’y a point de but en blanc;puisque le mobile tombera toujours au-dessous du point A de ladirection CA de Taxe de la piéce , à moins qu’il ne s’éleve parquelqu’autre cause quelconque, en sortant de la piéce, au-dessusde fa direction ; ce dont nous faisons ici abstraction.
L’on convient avec Galilée & ses Sectateurs , que la gravitén’est jamais oisive ; mais comme l’on ne convient point qu’ellene soit pas suspendue, & que les mobiles ne demeurent pas plusà parcourir par la gravité la ligne AB, pendant le tems de leurmouvement, lorsqu’ils font mus par une force quelconque, quelorsqu’on les laisse tomber librement livrés à leur propre gravitédu point A;l’on ne convient pas non plus que de quelque vitesseque partent les mobiles, ils ne puissent jamais parcourir un espaceCB considérable , tandis que par la gravité suspendue ils parcou-rent un espace BC insensible ; d’où il faut conclure, parlasecon-de Partie, que les vitesses initiales étant beaucoup plus grandesque les vitesses des instans suivans , les portées du but en blancpeuvent & doivent être considérables par rapport aux portées ab-solues des pièces fous leurs plus hauts dégrés des portées ; au lieuque dans l’hypotése de Galilée, il est certain'qu’il nesqauroit yavoir aucune portee du but en blanc, & qu’il faut recourir à desraisons suspectes, pour expliquer d’où vient qu’une piéce tiréehorisontalement, porte à une distance considérable son mobile.
L’Académie de Florence a fait une expérience qui nous prou-ve ce que je viens de dire: une piéce de fer de sept livres & untiers de calibre, chargée de quatre livres de poudre sine ( poin-tée de but en blanc), ce qui veut dire ici horisontalement (selon1 opinion commune ) tirée du dessus de la hauteur de la tour du
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