ÎÜO ABRÉGÉ D'ASTRONOMIE, LIV. II.tation de la terre, qui est incontestablement moins grosse quele soleil.
585. Les anciens étoient obligés de supposer des sphères so-lides et transparentes comme le crystal, oùils cnchâssoient tousles astres, et ils faisoient tourner ces calottes sphériques les unesdans les autres: Riccioli même est obligé d’y avoir recours (Al -mag. nov. Il, 288). Mais depuis qu’on a vu les planètes serapprocher visiblement de nous, et s’en éloigner ensuite,depuis qu’on a vu des cometes descendre si près de la terre ,et remonter ensuite à pertede vue, les cieux solides sont une ab-surdité démontrée ; il devient donc également absmde de suppo-ser que le ciel entier puisse tournei tous les jours et tout à la fois,tandis qu’il est composé de tant de milliers de pièces déta-chées, sans qu’aucune paroisse jamais recevoir plus ou moinsde mouvement que les autres, même en décrivant des cerclesqui sont tous de grandeurs différentes; à moins qu’on n’y ap-plique des intelligences conductrices, occupées sans cesse à em-pêcher l’effet des loix du mouvement qui sont établies d’ailleursdans toute la nature.
586. Riccioli oppose à tout cela des passoges de l'Ecriture,oh il est dit que le soleil se leve et se couchef4 10 )- H emploie200 pages in-folio à disserter sur ce système ; il propose 77 argu-rnens contre le mouvement de la terre, et réfute argumensqu’il suppose que l’on peut faire en faveur du système de Co-pernic. De toutes les preuves qu’il produit contre le mouve-ment de la teirc, les seules qui tne paroissent mériter quelqueconsidération se réduisent toutes à l’argument de Ptoléinée {Al-mag, lib. I) , que Buchanan a exprimé dans les vers suiv ans :
Ipsae etiam volumes, traitantes aëra leni
Remigio alaruin , céleri veitigine terris
Abreplas gemerent silvas, nidojque tenella
Cum sobole, et caia i'oisau cum conjuge; nec se
Audeiet zepltyro solus committere lunur. Sp/uerœ 1 .. I.
k Les oiseaux dans les airs verroient la terre et les forêts« fuir sous leurs pieds; ils verroient leurs nids, leurs petits, etu peut-être leurs femelles, entraînés par le mouvement diurnea de la terre vers l’orient; la tourterelle n’oseroit jamais s’éloi-a gner de la surface de la terre par la crainte de perdre sa de-u meure. »
587. Copernic (L. I, c. 8), Képler, Ptoléinée lui-même, y«voient déjà répondu. 11 est impossible que des corps terr estres