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et que l'atmosphere de la terre, qui depuis tant de sièclestiennent à la terre, et tournent avec elle , n’en aient pas reçu unmouvement commun , une impression et une direction com-munes ; la terre tourne avec tout ce qui lui appartient, et toutse passe sur la terre mobile comme si elle étoit en repos. Il estétonnant que Tycho, Riccioli, et tous ceux qui ont répété lamême argument sous tant de tonnes différentes, n'aient pas suque, lorsqu’on jette une pierre du haut du màt d’un vaisseauqui va le plus vite, elle tombe directement au pied du nuit, commequand le vaisseau étoit en repos : le mouvement du vaisseau estcommuniqué d’avance au inat, à la pierre, et à tout ce quiexiste dans le vaisseau, en sorte que tout arrive dans ce navirecomme s’il étoit immobile; il n’y a que le choc des obstaclesétrangers qui fait qu’on en apperçoit le mouvement lorsqu’on estdans le navire: mais comme la terre ne rencontre aucun obstacleétranger, il n’y a absolument rien dans la nature, ni sur laterre, qui puisse par sa résistance, par son mouvement, ou parson choc, nous faire appercevoir le mouvement de la terre. Cemouvement est commun à tous les corps terrestres ; ils ont beaus’élever en l’air, ils ont reçu d’avance l’impression du mouve-ment de la terre, sa direction et sa vitesse, et, lors même qu’ilssont au plus haut de l’atmosphere , ils continuent à se mouvoircomtnela terre. Un boulet de canon qui seroit lancé perpendicu-lairement vers le zénit retomberait dans la bouche du canon ,quoique pendant le tems que le boulet étoit en l’air le ca-non ait avancé vers l’orient avec la terre , de six lieues parminute, par le seul mouvement de rotation. La raison en estévidente; ce boulet, en s'élevant en l'air, n’a rien perdu de lavitesse que le mouvement de la terre lui a communiqué; cesdeux impressions ne sont point contraires ; il peut faire une lieuevers le haut pendant qu’il en fait six vers l’orient; son mouvementdans l’espace absolu est la diagonale d’un parallélogramme dontun côté a une lieue et l’autre six; il retombera par sa pesanteurnaturelle en suivant une autre diagonale, et il retrouvera lacanon qui n’a point cessé d’être situé, aussi bien que le bou-let, sur la ligne qui va du centre de la terre jusqu’au sommetde la ligne oit il a été lancé.
588. F'our que le boulet restât en l’air sur une même ligneperpendiculaire au point d’où il étoit parti sans tourner avec laterre, il faudrait qu’il y eût une cause en l’air qui détruisîtl’impression générale que ce boulet avoit reçue par le mou-vement de la terre ; mais nous n’en connoissons aucune $
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